Pas de hausse des taxes pour les agriculteurs utilisant des pesticides
Pour Générations futures, « le gouvernement a cédé aux pressions de la FNSEA ». - Flickr/CC BY-NC 2.0 Deed/Tamina Miller
Pour Générations futures, « le gouvernement a cédé aux pressions de la FNSEA ». - Flickr/CC BY-NC 2.0 Deed/Tamina Miller
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« Un rendez-vous satisfaisant », « Une écoute attentive »… Le 5 décembre au soir, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et les Jeunes agriculteurs (JA) ne boudaient pas leur satisfaction au sortir d’un entretien avec la Première ministre. Et pour cause, Élisabeth Borne a cédé sur l’une de leurs principales revendications en renonçant à la hausse des taxes sur les pesticides et l’irrigation en 2024.
« Sur la redevance pollutions diffuses et la redevance eau : “reset sur les deux sujets” selon les mots de la Première ministre, elles sont abandonnées », se sont félicités les Jeunes agriculteurs sur X, ex-Twitter.
Des panneaux retournés à l’entrée des villes
Le projet de loi de finances 2024 prévoyait en effet à son article 16 une réforme des redevances. Les irrigants auraient été redevables de 10 millions d’euros et les utilisateurs de pesticides de 37 millions d’euros au titre de la redevance sur les pollutions diffuses, perçue sur les ventes de pesticides. Cette hausse des redevances avait même été actée à l’Assemblée nationale. C’était sans compter la détermination des agriculteurs à faire entendre leurs doléances.
Depuis plusieurs semaines, les fédérations départementales de la FNSEA et les Jeunes agriculteurs organisaient des actions syndicales un peu partout en France, exprimant « leur colère face aux incohérences normatives et fiscales, face à l’absence de vision claire et structurante pour l’agriculture française ». L’une des actions les plus médiatisées consistait à retourner les pancartes d’entrée de ville.
#OnMarcheSurLaTete aussi en Saône et Loire ! pic.twitter.com/8q4ieh8GaH
— Véronique Langlais (@Langlai73410097) December 3, 2023
À la suite de cette annonce, Générations futures rappelle que ces hausses envisagées auraient permis de récupérer 37 millions d’euros afin de financer les Agences de l’eau, garantes de la qualité de la ressource en eau. « Mais une fois de plus, le gouvernement a cédé aux pressions de la FNSEA au détriment de l’environnement et de la santé », s’insurge l’ONG.
Pour son porte-parole, François Veillerette, ce renoncement est doublement catastrophique : « L’État se prive de moyens pour la transition écologique et d’un levier fiscal pour encourager des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement. »