Pollution, réchauffement... Les océans sont en péril, alerte l’Unesco
L'acidification de l'océan devrait augmenter de plus de 100 % d’ici la fin du siècle, avec des conséquences importantes pour la biodiversité. - Jeffrey Keenan / Unsplash
L'acidification de l'océan devrait augmenter de plus de 100 % d’ici la fin du siècle, avec des conséquences importantes pour la biodiversité. - Jeffrey Keenan / Unsplash
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Pollution, réchauffement, surpêche… Publié lundi 3 juin, le Rapport sur l’état de l’océan 2024 de l’Unesco dresse un état des lieux alarmant de notre planète bleue. Côté pollutions, l’eutrophisation — l’excès de nutriments dans l’océan — « persiste et continue d’augmenter », alerte l’agence onusienne. La quantité de matières plastiques dans les océans augmente depuis les années 1990 à un rythme de plus en plus rapide.
En tant que puits de carbone, l’océan absorbe de grandes quantités de CO2. Cela entraîne son acidification, qui devrait augmenter de plus de 100 % d’ici la fin du siècle, avec des conséquences importantes pour la biodiversité. En parallèle, les océans se réchauffent de leur surface jusqu’aux abysses, avec pour conséquences l’élévation du niveau des mers, la modification des courants océaniques et des changements spectaculaires dans les écosystèmes marins. La teneur en oxygène de l’océan diminue, ce qui entraîne une aggravation de l’hypoxie et une extension des zones à faible teneur en oxygène.
En outre, la pression humaine sur les écosystèmes risque de s’accroître au fur et à mesure que la population augmente. « Le monde comptera 2 milliards d’habitants supplémentaires au cours des vingt-cinq prochaines années », rappelle l’Unesco. Déjà, la production de la pêche et de l’aquaculture continue d’augmenter, atteignant un record de 218 millions de tonnes en 2021.
Développer des zones marines protégées
Pour restaurer les océans, l’Unesco préconise le développement des zones marines protégées où « plus de 70 % des espèces menacées trouveraient refuge » et la protection des écosystèmes côtiers (mangroves, herbiers marins et marais intertidaux) grâce à des politiques nationales ambitieuses.
L’agence onusienne plaide aussi pour un effort international en matière de récolte et de partage de données et de cartographie des fonds marins. Elle insiste sur l’importance de l’éducation à l’océan et propose de s’appuyer sur les savoirs et pratiques des peuples autochtones. « [Ils] observent, utilisent et conservent l’océan et ses ressources depuis des centaines d’années. Ils vivent sous différentes latitudes, de l’Arctique aux tropiques, rappelle-t-elle. Leurs connaissances sur le maintien de l’équilibre complexe entre la nature et l’humanité restent une ressource importante pour les chercheurs et les décideurs politiques. »