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En brefNature

Aigle rare empoisonné : 87 000 euros d’amende pour le pisciculteur

Le pygargue à queue blanche est l'aigle le plus rare de France.

Le pisciculteur ardennais accusé d’avoir tué par empoisonnement en mai dernier un pygargue à queue blanche — l’aigle le plus rare de France — a été condamné. Il écope de huit mois de prison avec sursis, et son entreprise de 40 000 euros d’amende dont 20 000 avec sursis, selon le verdict rendu le 1er octobre. Le tribunal judiciaire de Troyes le condamne également à verser près de 15 000 euros aux associations et 32 600 à l’État pour la réparation du préjudice écologique. Son salarié est condamné à quatre mois de prison avec sursis.

Ils ont en revanche été relaxés concernant la destruction d’un spécimen de cigogne noire, faute de preuves suffisantes. Seule une bague avait été retrouvée dans un véhicule leur appartenant.

Le pisciculteur avait empoisonné du poisson afin de lutter contre les cormorans, accusés d’être responsables d’une forte baisse de sa production piscicole et de grosses pertes financières.

« Le préjudice écologique pour l’État est reconnu »

« Nous avions évalué notre préjudice à 10 000 euros, en essayant de comptabiliser le nombre de jours de travail et le nombre de suivis nécessaires pour compenser le coût de la perte », explique Étienne Clément, ornithologue et président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Champagne-Ardenne. L’association locale obtient finalement 400 euros au titre du préjudice moral. « Le montant du préjudice a été dilué en raison des nombreuses parties civiles [FNE, LPO, Aspas, Nature et avenir...] au procès », précise l’ornithologue.

L’association des Aigles du Léman obtient pour sa part 2 000 euros en réparation de son préjudice matériel (le pygargue était équipé d’une balise GPS), et 1 000 euros en réparation de son préjudice moral.

« Nous sommes satisfaits de constater que le préjudice écologique pour l’État, qui finance le plan national d’action en faveur des pygargues, est reconnu », ajoute Étienne Clément. Pour France Nature Environnement, cette somme de 32 600 euros reste cependant bien en deçà de celle demandée : « Si elle est nécessairement réduite du fait de la relaxe de destruction de la cigogne noire, elle reste faible au vu des enjeux et coûts associés à la réintroduction du pygargue à queue blanche. »

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