Ryanair réduit son activité en France à cause d’une hausse de taxe
Ryanair quittera les aéroports de Brive, Bergerac et Strasbourg l'hiver prochain. - Pxhere / CC
Ryanair quittera les aéroports de Brive, Bergerac et Strasbourg l'hiver prochain. - Pxhere / CC
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Ryanair a annoncé le 30 juillet la suppression de 13 % de sa capacité de vol en France, soit 750 000 places. La reine du voyage aérien low cost ne desservira plus les aéroports de Bergerac, Brive et Strasbourg. Elle explique cette décision par l’augmentation de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA), jugée « astronomique » et « injuste ».
Cette dernière « a été augmentée de plus de 180 %», dit Jason McGuinness, directeur commercial de Ryanair. En effet, le 1er mars 2025, la taxe est passée de 2,6 euros à 7,4 euros sur les vols à l’intérieur de l’Union européenne, en classe économique. Leader du marché européen de l’aviation, Ryanair abandonne des lignes entre villes moyennes et diminue son trafic dans d’autres aéroports comme Marseille (-9 %) et Beauvais (-8 %).
Mais la taxe a bon dos. Le désengagement de la compagnie irlandaise s’inscrit dans un panorama général de diminution du trafic national dans lequel les petits aéroports sont de moins en moins fréquentés — certains survivent néanmoins, grâce à de généreuses subventions. « Le décrochage est particulièrement marqué pour les liaisons où il existe une liaison ferroviaire directe en moins de 4 h 30 », notent les ONG Shift Project, Transport & Environment, Aéro Décarbo et le Réseau Action Climat dans un communiqué commun.
Selon elles, la hausse de la TSBA n’est même pas suffisante : « L’impact d’une telle mesure sur le trafic aérien n’est pas flagrant : le trafic a continué d’augmenter en mars et en avril 2025. » De quoi faire grincer les dents de Jason McGuinness, qui menace de rediriger ses investissements en France vers d’autres pays européens aux taxes moins importantes. « Sans mesure de sobriété supplémentaire, avertissent les quatre ONG, la tendance est à une croissance forte dans les années à venir », malgré le rôle joué par l’aviation dans l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.