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En brefForêts tropicales

Sécheresse en Amazonie : un tiers de la forêt en détresse

Incapabable de se remettre des sécheresses à répétition, l'Amazonie pourrait de plus en plus ressembler à une savane.

Une sécheresse interminable, des eaux à 40 °C, des communes sans eau qui déclarent l’état d’urgence... Fin 2023, au Brésil, plus de 600 000 personnes ont été touchées par le stress hydrique qui frappait le pays. Dans plusieurs reportages, les personnes interviewées évoquaient auprès de Reporterre « une bombe à retardement » pour les écosystèmes.

Ces tristes prédictions semblent désormais se réaliser. D’après une étude publiée par la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences, publiée le 20 mai et relayée par le Guardian, plus d’un tiers de la forêt amazonienne aurait aujourd’hui du mal à se remettre de la sécheresse.

« Ralentissement critique » et « perte de résilience »

Pour les auteurs, la situation est grave : ils ont observé un « ralentissement critique » et une « perte de résilience » de cet écosystème indispensable au climat mondial. Ils craignent que la plus grande forêt tropicale du monde — et le plus grand puits de carbone terrestre — se dégrade jusqu’à un point de non-retour.

L’intensification des sécheresses ralentit la croissance des arbres et des plantes, dont beaucoup meurent de déshydratation. La succession rapide de ces épisodes de stress hydrique — quatre en vingt ans alors qu’il devrait y en avoir un par siècle — empêche la végétation de se reconstituer pleinement et la fragilise d’autant plus.

Un risque peut-être sous-évalué

Les auteurs concluent que le sud-est de l’Amazonie, fortement déforesté et dégradé, serait le plus vulnérable à un « tipping event » (un « point de bascule »). Dans cette région, le déclin catastrophique de la forêt tropicale humide conduirait à une transformation en un écosystème plus sec, de type savane.

Mais le pire est peut-être encore caché. L’étude réalisée par images satellite ne dit pas tout de l’urgence actuelle, alerte Johanna Van Passel, son autrice principale. Les images ne montrent qu’une partie de ce qui se joue sous la canopée. « Les arbres sont la dernière partie de l’écosystème à montrer des points de bascule, car ils ont le cycle de vie le plus long et sont les plus capables de s’en sortir, déclare-t-elle au Guardian. Si nous constatons déjà qu’un point de bascule se rapproche au niveau macro-forêt, alors il doit s’aggraver au niveau micro. »

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