Journal indépendant, en accès libre pour tous, sans publicité ni actionnaire, financé par les dons de ses lecteurs
Recevoir la lettre d'info

Reportage — Alternatiba

Verdragon, la première maison de l’écologie populaire, s’est ouverte

L'ouverture de Verdragon, le 13 juin 2021 à Bagnolet.

La première Maison de l’écologie populaire, a ouvert ses portes dimanche 13 juin en Seine-Saint-Denis. Objectif de Verdragon, portée en commun par Alternatiba et le Front des mères : réunir habitants et habitantes des quartiers populaires autour de l’écologie. Retour en images sur une journée festive.

Bagnolet (Seine-Saint-Denis), reportage

À Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, en ce dimanche 13 juin estival la rue de l’Épine prolongée fourmillait de militants écologistes, antiracistes, féministes mais aussi de mamans du quartier avec leurs enfants, de jeunes ados ou d’élus locaux. La raison de leur présence : l’ouverture de la première Maison de l’écologie populaire en France, Verdragon.

« Nous en rêvions depuis longtemps, nous l’avons fait ! C’est grâce à vous ! » : ainsi commence la lettre de remerciement des deux fondateurs du lieu aux donateurs de la campagne de financement participatif qui a permis la naissance de « cet espace d’expérimentation », comme le qualifie Élodie Nace, coordinatrice d’Alternatiba. Car c’est une démarche nouvelle qui a été lancée en commun par Alternatiba, mouvement citoyen de mobilisation sur le dérèglement climatique, et le Front de mères, un syndicat de parents qui mène un projet écologiste, féministe et antiraciste. Le but : « faire de Verdragon l’avant-garde de l’écologie populaire en France ».

Goundo Diawara, secrétaire nationale de Front de mères. © Marion Esnault/Reporterre

Les premiers mots de la journée ont été prononcés par Goundo Diawara, secrétaire nationale de Front de mères, avec son nourrisson d’un mois serré contre elle. « Verdragon, c’est le début d’une aventure ! C’est un prolongement de notre action : inviter les habitants et surtout les habitantes des quartiers populaires à se réunir pour protéger leurs enfants. Car notre projet d’éducation à l’écologie populaire, il est pour nos enfants, pour qu’ils élargissent leur champ des possibles. »

Ateliers, fresque et beatbox

Dans une ambiance festive, les enfants ont pu participer à des ateliers de cuisine ou réfléchir sur le climat en se retrouvant autour d’une fresque avec comme mots-clés la fonte des glaciers, les canicules ou encore l’effet de serre.

La fresque sur le climat. © Marion Esnault/Reporterre

De leur côté, les ados ont pu s’exprimer sur le concept d’écologie populaire à travers un porteur de parole, et les curieux ont pu écouter des concerts en tous genres allant de la chanson française au beatbox, en passant par le rap.

L’écologie populaire a tenté d’être définie de plusieurs manières tout au long de la journée. Dans les prises de parole tout comme les discussions, on s’accordait à dire que le concept était encore flou et que la Maison de l’écologie populaire aiderait à mettre des mots dessus.

« Le lieu pour se rassembler qu’on attendait »

Verdragon est avant tout un lieu pour s’auto-organiser. Goundo Diawara, du Front de mères, a insisté sur la nécessité d’avoir un espace pour se rencontrer et faire des réunions, tout simplement. Cet espace permettra selon elle d’amener les luttes à se développer, ensemble.

Hafida Ouhami, présidente de l’association Ensemble les enfants de Bagnolet. © Marion Esnault/Reporterre

Hafida Ouhami, présidente de l’association Ensemble les enfants de Bagnolet, a fait de l’écologie populaire le combat de sa vie. Elle mène une bataille culturelle sur l’alimentation dans les cantines et considère les alternatives végétariennes comme essentielles. « Verdragon, c’est le lieu pour se rassembler qu’on attendait. Fini les réunions dans les cuisines des voisines ! »

Parmi les élus locaux qui se sont exprimés, Mireille Alphonse, maire adjointe à Montreuil en charge de la transition, la démocratie alimentaire et la cantine publique, a réaffirmé que « quelle que soit la couleur de leur cheveu ou de leur peau, tous les enfants ont droit à une alimentation saine dans les cantines ». Elle a également laissé entendre qu’en tant que voisins de Bagnolet, ils viendraient « sûrement squatter » la Maison de l’écologie populaire.

Malcom Ferdinand, chercheur au CNRS. © Marion Esnault/Reporterre

Malcom Ferdinand, chercheur au CNRS qui a publié Une écologie décoloniale et travaille sur les interactions entre l’histoire coloniale et les problématiques environnementales, a rappelé que « les îles aussi subissent les drames écologiques et que les jeunes qui défendent leurs terres subissent la répression ».

Fatima Ouassak, cofondatrice de Front de mères, a clôturé les prises de parole en se refusant « cette vision selon laquelle nous, les quartiers, on ne serait concernés par l’écologie que sur les questions pratiques. Mais Verdragon sera un lieu de résistance à l’extrême droitisation du champ politique. On veut lutter contre le racisme structurel. L’écologie sans antiracisme, c’est du jardinage ! »

Notre reportage en images :


Recevoir gratuitement par e-mail les lettres d’info

Inscrivez-vous en moins d'une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’inscrire
Fermer Précedent Suivant

legende