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Vêtements jetés : la fast-fashion classique encore plus représentée que Shein et Temu

La page d'accueil de Shein (illustration).

Shein, Temu, Boohoo… Ces marques de l’ultra-fast-fashion, très décriées pour leur modèle économique basé sur la surconsommation, ne sont pas les premières à participer au gaspillage dans le secteur du textile, révèlent la coalition Stop fast-fashion et le Réseau national des ressourceries et recycleries, dans une étude publiée le 14 avril.

Des actions de tri ont été organisées dans 33 structures volontaires afin d’évaluer la part de produits issus de l’ultra-fast-fashion et des enseignes dites de première génération dans les textiles non réemployables des ressourceries. Le constat est sans ambiguïté : les rebuts proviennent pour près de la moitié des acteurs de la fast-fashion de première génération, tels que H&M, Mango et Primark… L’ultra-fast-fashion n’est responsable que de 5 % du volume des dons non exploitables.

Un phénomène encore trop récent pour avoir rempli les ressourceries

Pourquoi ? Parce que les acteurs de l’ultra-fast-fashion n’ont pris une place significative sur le marché français qu’entre 2022 et 2025, pour se hisser aujourd’hui dans le top 5 des marques les plus vendues.

« Cette montée en puissance est donc trop récente pour que les articles concernés aient eu le temps d’atterrir dans les poubelles ou dans les sacs de tri destinés aux ressourceries. La crise de la surproduction est donc bien antérieure à l’avènement de l’ultra-fast-fashion », constatent les auteurs de l’étude.

Lire aussi : Sous les dons, la débâcle : comment la fast-fashion asphyxie les ressourceries

Pour la coalition Stop fast-fashion, l’ultra-fast-fashion « s’inscrit dans une continuité de pratiques nocives alors qu’on tente de les décrire comme les seuls responsables de maux de l’industrie du textile ».

Elle dénonce le virage pris dans les discours politiques : « Initialement ambitieuse, la proposition de loi contre la fast-fashion a désormais des allures protectionnistes. En ciblant uniquement les nouveaux acteurs asiatiques en ligne, le gouvernement cherche à préserver les enseignes ayant pignon sur rue au nom de la “préservation de l’activité commerciale”, tout en ignorant l’urgence écologique et le respect des droits humains. »

C’est toute la filière de la fast-fashion, ultra-fast-fashion incluse, qu’il faut réguler avec cette loi, conclut-elle. Le 30 mars 2026, le gouvernement a assuré que la tenue d’une Commission mixte paritaire se tiendrait prochainement pour l’adoption définitive de ce texte, attendu depuis des mois.

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