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En brefNature

1 espèce migratrice sur 5 est menacée d’extinction

Le chameau sauvage de Tartarie (Camelus bactrianus ferus) est en danger critique d'extinction.

Près de la moitié (44 %) des espèces migratrices sont en déclin, révèle un rapport onusien, dévoilé à l’occasion de l’ouverture de la quatorzième édition de la Convention sur la conservation des espèces migratrices (CEM), à Samarcande (Ouzbékistan). Une sur cinq est menacée d’extinction.

Les espèces migratrices, telles que l’anguille d’Europe, le jaguar, les zèbres, les tortues ou encore les albatros, ont en commun de franchir régulièrement les frontières. Elles jouent un rôle crucial pour les écosystèmes, souligne le rapport. Les chauves-souris, par exemple, contribuent à la pollinisation des fleurs ; les cadavres des baleines, en coulant, permettent de séquestrer du CO2 dans les abysses pendant plusieurs centaines d’années. 4 508 de ces espèces ont fait l’objet d’une évaluation mondiale par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Force est de constater que leurs populations sont en mauvais état. La situation des poissons est particulièrement préoccupante : la quasi-totalité (97 %) des 58 espèces répertoriées sont menacées d’extinction, leurs populations ayant décliné en moyenne de 90 % depuis 1970. Les reptiles sont également parmi les plus menacés. Au cours des trente dernières années, 70 espèces répertoriées (comme le vautour percnoptère, l’aigle des steppes ou le chameau sauvage de Tartarie) ont vu leur état de conservation se dégrader. Seules 14 (dont la baleine à bosse) ont connu une amélioration.

Les activités humaines encore en cause

Le rapport souligne, sans surprise, le rôle déterminant des activités humaines. La perte et la fragmentation des habitats et la surexploitation sont les deux « plus grandes menaces » pour ces populations. Le changement climatique, la pollution, les espèces invasives, l’urbanisation et la construction d’infrastructures contribuent également à ce déclin généralisé. En empêchant la libre circulation des poissons, les barrages, par exemple, peuvent contribuer à l’effondrement d’espèces comme l’anguille européenne, expliquaient La Salamandre et Reporterre dans une récente enquête conjointe.

Chasse et surpêche peuvent aussi nuire à de nombreux mammifères et oiseaux, notamment les requins, les raies, les lamantins, les dugongs, ou encore les pétrels. Face à ce sombre panorama, les auteurs recommandent de poursuivre le travail d’identification des sites d’importance sur les routes migratoires, de mettre en place des corridors écologiques, de limiter les prises accessoires dans le secteur de la pêche, ou encore de renforcer les législations nationales interdisant les prélèvements de ces espèces.

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