10 tonnes d’un pesticide interdit découvertes chez l’industriel BASF
Le Fastac est un insecticide permettant notamment de lutter contre les ravageurs. - © Stéphane Bouilland / Hemis.fr / Hemis via AFP
Le Fastac est un insecticide permettant notamment de lutter contre les ravageurs. - © Stéphane Bouilland / Hemis.fr / Hemis via AFP
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Le 23 juin, un groupe de Faucheurs volontaires s’était introduit dans les locaux du groupe chimique BASF, à Genay, près de Lyon (Rhône). Il y a relevé la présence d’un insecticide interdit, le Fastac, dont la substance active, l’alpha-cyperméthrine, est interdite en Europe depuis 2021.
Sur demande du ministère de la Transition écologique, une inspection a été lancée par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) Auvergne-Rhône-Alpes : en visitant l’ensemble des ateliers, les inspecteurs de l’État ont mis la main sur près de 10 tonnes de Fastac. Cet insecticide qui sert à lutter contre les ravageurs est utilisé sur les céréales, les vignes et les légumes crucifères, ce qui le rend très polyvalent sur une seule exploitation.
D’après le rapport des agents de la Dreal, publié le 5 août, l’inspection a eu lieu le 30 juin. Les agents ont constaté « la présence effective (environ 10 t) de Fastac Tech [...] et de divers produits phytopharmaceutiques contenant de l’alpha-cyperméthrine à des fins d’export hors UE [Union européenne] dans des quantités importantes (plusieurs dizaines de tonnes) ». A également été découvert du Alert 10 SC, un insecticide contenant la substance active chlorfénapyr (non approuvée en Europe, au titre du règlement (CE) n°1107/2009).
Fabriqué en Inde, le Fastac est ensuite transformé et conditionné sur le site de Genay avant d’être exporté hors de l’UE. « C’est du colonialisme ! Pourquoi on se permettrait d’exporter des produits qu’on ne veut pas utiliser chez nous parce qu’ils sont dangereux ? » s’insurge Jean-Luc Juthier, l’un des militants qui s’est introduit sur le site de BASF en juin. Le rapport de la Dreal a été transmis aux services du ministère de l’Agriculture, compétents pour décider d’éventuelles sanctions administratives.
D’autres « visites citoyennes » des Faucheurs volontaires ont eu lieu depuis, notamment le 18 août dans une coopérative agricole ariégeoise, la Capa du Vernet d’Ariège. Les Faucheurs ont trouvé des aliments pour bétail contenant du soja OGM, beaucoup de produits à base de glyphosate et des produits de biocontrôle jugés à risque pour les sols. Tous sont autorisés par la loi.