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En brefMonde

81 défenseuses de l’environnement tuées dans le monde

L'activiste écologiste Berta Cáceres a été tuée dans la nuit du 2 mars 2016, au Honduras.

Les défenseurs de l’environnement font régulièrement face à la violence, y compris en France. Une étude publiée le 5 juin dans Nature Sustainability montre que les femmes écologistes sont loin d’être épargnées. Au contraire.

Au moins quatre-vingt-une femmes ont été assassinées dans le monde en représailles à leur militantisme environnemental, constatent les deux chercheuses, Dalena Tran et Ksenija Hanaček. Grâce aux données de l’Environmental Justice Atlas — la plus grande base de données sur les conflits environnementaux dans le monde — elles ont pu identifier 523 cas de violences à l’encontre de défenseuses de la planète. Il s’agit là de la totalité des faits documentés jusqu’en janvier 2022. La plupart sont liés à des conflits miniers, agro-industriels et industriels dans les pays de Sud, mais six cas ont aussi été recensés en Europe et aux États-Unis.

Nature Sustainability

Tactiques politiques

« Les assassinats systématiques de femmes qui défendent l’environnement ne sont pas des incidents isolés, mais plutôt des tactiques politiques qui ouvrent la voie à l’extractivisme », notent les autrices. Mais ils ne sont que la partie la plus visible de ces violences. Déplacements, répression, criminalisation, ciblage violent… l’écocide prend diverses formes. Or, ces incidents ne sont souvent pas documentés en raison de la censure et du manque de données. Ainsi, les chiffres sont, sans doute, largement sous-estimés, estiment les scientifiques.

Le Brésil, la Colombie, le Mexique et les Philippines font partie des pays les plus dangereux pour les activistes écolos. « Dans ces pays, le populisme autoritaire a renforcé le chauvinisme existant, dans lequel les inégalités de genre incitent à la violence contre les femmes et la justifient », écrivent les chercheuses. Dalena Tran et Ksenija Hanaček estiment comme une « nécessité urgente de s’attaquer aux schémas systémiques de violence » qui affectent ces femmes activistes, souvent négligées et sous-représentées.

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