A Bonn, le discours d’Emmanuel Macron est contredit par ses actes

Durée de lecture : 2 minutes

16 novembre 2017 / par Marie Astier (Reporterre)

Le Président de la République s’est rendu mercredi 15 novembre à la COP 23 à Bonn, en Allemagne, afin de relancer les négociations climat. Avec son homologue allemande Angela Merkel, il a ouvert une série de discours des chefs d’État invitant à limiter le changement climatique. Il a notamment proposé que les Européens prennent le relais des Etats-Unis pour financer le GIEC (Groupe intergouvernementale d’experts sur l’évolution du climat).

Sur la scène internationale, Emmanuel Macron est devenu le champion du climat. Il avait notamment lancé, le 1er juin dernier, au soir de l’annonce de Donald Trump du retrait des États-Unis de l’accord climat de Paris, un appel aux scientifiques américains pour venir travailler sur le sujet en France. C’est le fameux « Make our planet great again ».

Depuis, les premières mesures du gouvernement vont-elles dans ce sens ? Pour vous aider à vous faire une idée, Reporterre vous remémore les différents articles parus sur la politique climatique du gouvernement.

  • Fin septembre, lors de la présentation du budget de loi de finance 2018, le Réseau Action Climat dénonçait du « greenwashing » : le budget se vantait de crédits alloués à la transition énergétique, en réalités déjà planifiés... Globalement, les ONG regrettaient un budget 2018 manquant d’ambition et de moyens pour le climat.
  • Mardi 19 septembre septembre, lors d’un discours devant l’ONU, Emmanuel Macron a notamment annoncé que la France mobiliserait 5 milliards d’euros par an d’ici 2020 pour le climat. Une promesse insuffisante selon l’ONG Oxfam.
  • Début septembre, c’était la loi sur les hydrocarbures qui provoquait un tollé : censée programmer une sortie des énergies fossiles, son texte était remanié et l’impact atténué.

Mais ne soyons pas négatifs, nous exhortait Nicolas Hulot dans son interview à Reporterre la semaine dernière, défendant le gouvernement et le Président : « Parfois, par manque de lucidité, on peut avoir l’impression que les choses n’avancent pas ou insuffisamment vite. Mais des forces sont en train de se générer, peut-être vont-elles enfin faire une jonction qui va l’emporter. Il faut bien se donner de l’espoir, sinon on reste chez soi. »


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Source : Marie Astier pour Reporterre

Photo : Compte Twitter d’Emmanuel Macron

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