Bergers allemands, chats persans, teckels : l’UE interdit l’élevage de chiens et chats « hypertypes »
Les teckels souffrent souvent de maux de dos. - Wikimedia Commons/ CC BY-SA 1.0 / Joselodos
Les teckels souffrent souvent de maux de dos. - Wikimedia Commons/ CC BY-SA 1.0 / Joselodos
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Le 28 avril, les eurodéputés ont adopté une loi visant à protéger les chats et les chiens. Le but, interdire le croisement d’animaux afin d’obtenir des caractères physiques exagérés, source de souffrance et de maladies.
Des bergers allemands paralysés des hanches, des chats persans souffrant de problèmes respiratoires, des teckels ayant constamment mal au dos, des cavaliers king Charles subissant des maux de tête constants et des problèmes cardiaques… C’est terminé ! Et nos compagnons à quatre pattes nous remercient.
Mardi 28 avril, pour la première fois à l’échelle européenne, les députés ont adopté à très large majorité un projet de loi visant à protéger les chats et les chiens contre les maltraitances. Parmi les mesures figure notamment l’interdiction des élevages de chiens et chats dits « hypertypes » [1]. L’Union européenne interdit ainsi de croiser des animaux entre eux dans le but d’obtenir des caractères physiques exagérés, tels qu’un nez écrasé ou une boîte crânienne déformée, entraînant souffrances, maladies et morts précoces.
Pour Clémence Harrouet, vétérinaire, « cette décision est une bonne nouvelle » : « Beaucoup de races ont été poussées à l’extrême. On voit des animaux souffrir, notamment les bergers allemands, qui ont vite les hanches paralysées, ou certaines races qui ne peuvent pas naître par voies naturelles car les têtes sont trop grosses. » C’est notamment le cas chez les Staffie, précise-t-elle, où les césariennes sont presque systématiquement requises.
« Des maltraitances programmées »
En 2018, déjà, l’Académie vétérinaire de France émettait un avis « sur la nécessité de renforcer la prévention et la lutte contre les “hypertypes” canins ». Selon cette dernière, l’exagération de certains traits physiques, source de douleurs, « peut être assimilée à des maltraitances programmées ».
Selon l’Union européenne, « le commerce des chiens et des chats a connu une croissance considérable ces dernières années et représente 1,3 milliard d’euros par an ». 44 % des citoyens européens ont un animal de compagnie et 74 % estiment que leur bien-être devrait être mieux protégé.
« C’est paradoxal. Les gens sont de plus en plus attachés à leurs animaux, mais en parallèle, ils choisissent des races présentant une espérance de vie réduite à cause de leur hypertype », souligne Clémence Harrouet. En 2022, déjà, la Norvège a rendu illégal l’élevage de Cavaliers King Charles et de bouledogues français pour mettre fin à la souffrance de ces bêtes.
De la prévention auprès des particuliers
Gaëlle Le Calonnec, vétérinaire connue sur Instagram pour son compte l’Instant véto, émet cependant des réserves quant à cette nouvelle mesure sur l’interdiction des hypertypes : « Dans la pratique, c’est difficile à mettre en œuvre. On a déjà plein de lois contre la maltraitance animale et pourtant on ne fait rien. »
« Ça va faire du bruit dans les médias, mais, en réalité, les gens continueront à faire ces croisements tant qu’il y aura de la demande et de l’argent pour ça, poursuit-elle. Pour moi, il faut surtout faire de la prévention auprès des particuliers, où il y a beaucoup de méconnaissance sur le sujet. »
Outre cette mesure, le projet de loi européen prévoit une meilleure traçabilité de ces animaux, l’interdiction de croiser des chats et chiens ayant un lien de parenté et l’interdiction de mutiler un chat ou un chien pour des spectacles ou concours.
Avant d’entrer en vigueur, le texte législatif doit maintenant être adopté par le Conseil européen. Reste aux éleveurs et aux particuliers qui souhaitent adopter à comprendre une chose : pour être beaux, les animaux n’ont pas besoin de souffrir.