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En bref — Libertés

Contre les « crimes institutionnels et écologiques », ils lancent des contre-enquêtes

Marche réclamant justice et vérité sur la mort d'Angelo Garand, à Blois en avril 2018.

Il se présente comme une nouvelle « structure d’investigation en mesure d’identifier les failles des enquêtes judiciaires », indépendante et rigoureuse. Le Groupe d’enquête indépendant (Geni) a présenté mercredi 30 mars sa première contre-enquête.

Celle-ci porte sur la mort d’Angelo Garand, abattu près de Blois (Loir-et-Cher) le 30 mars 2017 par le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) de cinq balles dans le torse. Les gendarmes avaient obtenu un non-lieu. Le Geni a pu reconstituer les trajectoires des balles à partir des impacts dans le corps de l’homme de 37 ans. Leur analyse contredit la version des gendarmes qui assurent qu’Angelo Garand les avait agressés et qu’ils ont tiré en état de légitime défense. Selon les impacts, l’homme était plutôt en train de tomber que de les attaquer. Sa sœur, Aurélie Garand, était présente lors de la conférence de presse de présentation de l’enquête : « Ses meurtriers sont tranquilles, nous on ne le sera plus jamais. Nous on vit pour la vérité, pour lutter contre le racisme à l’égard des gens du voyage. »

Le Geni ne compte pas se limiter à cette première enquête. La structure souhaite fournir « un travail de contre-enquête indépendant sur des crimes institutionnels et écologiques ». Son équipe est constituée de militants engagés dans les luttes contre les violences policières, les luttes sociales et écologiques, ainsi que d’une avocate et d’un journaliste.

Pour ce groupement, les enquêtes officielles sont dans ces domaines souvent insatisfaisantes. Il compte donc « identifier les failles des enquêtes judiciaires et explorer des pistes et hypothèses négligées par la justice, en s’appuyant sur une démarche rigoureuse et engagée ». Après récolte, analyse et recoupement des sources, le Geni compte restituer le résultat de ses investigations sous forme de vidéos, à l’aide de la 3D, de reconstitutions ou d’images réelles.

Cette démarche vise trois objectifs :

  • « Disput[er] la légitimité et l’exclusivité de la justice à enquêter » et permettre « la réappropriation des moyens d’enquête par les premièr·e·s concerné·e·s ».
  • Parfois, par ce travail de contre-enquête, « permettre de clore un chapitre douloureux et en cela répondre à un besoin de réparation des victimes ou de leurs proches », en particulier quand ils estiment ne pas avoir été entendus par la justice.
  • Enfin, « permettre de prendre à témoin la société civile en dénonçant l’opacité des enquêtes judiciaires sur les crimes commis par les forces de l’ordre ou industrielles ».

Il indique qu’il travaillera soit sur sollicitation des victimes ou familles de victimes, soit de sa propre initiative. Ses financements proviennent de dons privés, d’associations ou de fondations.

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