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Énergie

Des résultats positifs en trompe-l’œil pour EDF

Après une année 2020 bouleversée par la pandémie de Covid-19, EDF a publié, jeudi 18 février, des comptes annuels qui montrent une assez bonne résistance à la conjoncture. La chute de la production d’électricité d’origine nucléaire pouvait laisser craindre le pire pour le groupe public : elle a baissé de 11,6 % en France à 335,4 térawattheures (TWh) et de 10,4 % en Grande-Bretagne (à 45,7 TWh). Pourtant, le groupe public arrive à conserver un bénéfice de 650 millions d’euros.

Ces résultats plutôt flatteurs s’expliquent principalement par l’effet de la crise sanitaire sur le marché électrique tricolore. Les achats de combustible et d’énergie, notamment les obligations d’achat d’électricité renouvelables imposées à EDF, reculent fortement (- 9,2 %), compensant ainsi quasi intégralement le recul de 9.6 % du chiffre d’affaires (à 69,031 milliards d’euros). De plus, le groupe a précisé avoir bénéficié d’un effet prix positif sur les marchés de l’électricité en Grande-Bretagne, d’une forte progression de la production d’hydroélectricité, ainsi que d’une nette amélioration des performances de la filiale italienne.

Autre bonne surprise, EDF affiche une réduction de sa dette financière brute : elle revient à 65,591 milliards, contre 67,380 milliards un an plus tôt. La trésorerie de l’entreprise publique bénéficie également d’une forte augmentation, avec plus de 6 milliards en caisse.

Mais cette amélioration est en partie fictive. Si le groupe a pu diminuer son endettement l’an dernier, il le doit à deux émissions de titres subordonnés à durée indéterminée (TSDI) pour un montant global de 2 milliards d’euros : ces TSDI ne sont pas classés en dette, mais considérés comme des quasi-fonds propres. Pour essayer d’alléger cette pression financière, le groupe a réaffirmé son programme de cessions d’actifs d’un montant global de 3 milliards d’euros d’ici à 2022. Les cessions se sont élevées à 500 millions en 2020.

Dans ce contexte financier qui demeure tendu compte tenu des lourds investissements en cours ou prévus par EDF — le prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires françaises au-delà de quarante ans, la construction de deux EPR à Hinkley Point et le projet de deux EPR à Sizewell en Grande-Bretagne, le programme de six EPR en France à partir de 2024 —, le pédégé d’EDF Jean-Bernard Lévy a réaffirmé la nécessité de mettre en œuvre rapidement le projet Hercule. Il s’agit de « renationaliser » la production nucléaire, de mettre en quasi-régie la production d’hydroélectricité et de placer dans une filiale cotée en bourse les autres activités (distribution, commerce, énergies renouvelables…). Un projet auquel s’opposent les syndicats qui voient là un démantèlement du groupe.

  • Source : Thierry Gadault (Reporterre)

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