En Haute-Marne, 4 000 arbres de bord de route pourraient être abattus
4 000 arbres sont menacés sur 750 kilomètres. - © Conseil départemental de la Haute-Marne
4 000 arbres sont menacés sur 750 kilomètres. - © Conseil départemental de la Haute-Marne
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Les routes de Haute-Marne seront-elles bientôt dépouillées ? Le 8 février, le conseil départemental a annoncé un plan massif d’abattage d’arbres le long de ses axes les plus fréquentés. Au total, 4 000 arbres sont menacés, sur un linéaire de 750 kilomètres.
Le conseil départemental de Haute-Marne justifie cette décision par des impératifs de sécurité. Parmi les 1 565 automobilistes décédés en 2022, 273 ont été tués après une collision entre leur véhicule et un arbre, selon le bilan d’accidentalité de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière. « S’il faut couper massivement des arbres pour garantir la sécurité de nos habitants et des usagers de la route, nous n’hésiterons pas. Les arbres qui tuent n’ont plus leur place au bord de nos routes », a déclaré le président du conseil départemental, Nicolas Lacroix, dans un communiqué.
« C’est une réalité : malheureusement, on se tue contre les arbres, contre des murs, contre des fossés, réagit auprès de Reporterre Chantal Pradines, déléguée générale de l’association Allées-Avenues / Allées d’avenir. Mais quand on compare les départements entre eux, on s’aperçoit qu’il n’y a pas de corrélation entre la présence d’arbres et le nombre de tués. Il y a des départements très riches en arbres d’alignement où on circule beaucoup plus en sécurité que dans d’autres où il y en a très peu. »
« Un accident est multifactoriel, abonde Chantal Fauché, présidente de l’Association pour la protection des arbres en bord des routes (Asppar). Avant que la voiture ne le touche, il y a souvent autre chose : de l’alcoolémie, un défaut de frein, de l’endormissement... » En fermant le champ visuel des conducteurs, la présence d’arbres d’alignement peut par ailleurs inciter les conducteurs à ralentir, défend-elle. Elle peut également les aider à mieux identifier le contour de la route en cas de brouillard. « L’arbre a sa place en bord de route, argue-t-elle. C’est avant tout sur le comportement de l’automobiliste qu’il faut travailler pour éviter les accidents. »
Le conseil départemental promet des mesures pour « compenser » la perte de ces arbres, notamment via la plantation de haies. Chantal Fauché doute que cela soit possible. « Les arbres de bord de routes servent de corridor écologique. On y voit des insectes, des chauves-souris, des oiseaux qui nichent… Ces microsystèmes abritent une vie incroyable. »