Fraises, mandarines, endives... Fruits et légumes sont massivement contaminés aux pesticides
La majorité des fruits et légumes non-bio sont contaminés par des résidus de pesticides, dont de nombreuses subtances dangereuses pour la santé humaine. - © Louisa T. / Reporterre
La majorité des fruits et légumes non-bio sont contaminés par des résidus de pesticides, dont de nombreuses subtances dangereuses pour la santé humaine. - © Louisa T. / Reporterre
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Manger des cerises ou des fraises peut présenter un risque pour la santé. Ce lundi 15 décembre, comme chaque année, l’ONG Générations futures publie son rapport sur les résidus de pesticides détectés dans les fruits et légumes non bio vendus en France.
S’appuyant sur les données officielles de 2023, le rapport dresse un constat alarmant quant à la présence de substances classées cancérogènes et de perturbateurs endocriniens, selon des degrés différents. Certaines appartiennent à la famille des PFAS.
Pour cette étude, l’ONG a fait analyser 1 912 échantillons de 29 types d’aliments différents. Résultat : 61 % des échantillons présentent au moins un résidu de pesticide détecté.
98 % des cerises contaminées
En tête des aliments les plus contaminés contenant au moins un résidu de pesticide détecté, on trouve les fruits (78 %), et notamment les cerises (98 %), les raisins (94 %) et les fraises (93 %). Les légumes arrivent en deuxième position avec 53 % d’aliments contaminés, puis les céréales avec 50 %.
Parmi les fruits, le rapport indique que des substances dites CMR (cancérigène, mutagène ou reprotoxique avérée, supposée ou suspectée) ont été identifiées dans plus de la moitié de ceux testés (56 %). Sur le podium on retrouve les cerises (88 %), les citrons verts (80 %), et les clémentines/mandarines.
Côté légumes, la proportion diminue : 19 % contiennent au moins un résidu CMR, particulièrement les fenouils (46 %) et les poivrons (41 %).
Une part importante des fruits (64 %) contient au moins un résidu de pesticide détecté comme perturbateur endocrinien avéré ou suspecté, contre un tiers des légumes (33 %).
Au moins un résidu de pesticide PFAS a été identifié dans un tiers des fruits (31 %) et un cinquième des légumes (21 %). Appartenant à la famille des PFAS, c’est le fluopyram, un fongicide, qui a été le plus souvent retrouvé.
« Ces chiffres confirment une fois de plus que des substances dangereuses se retrouvent dans nos assiettes, malgré les alertes répétées. Il est urgent d’accélérer la sortie des pesticides CMR, PE et PFAS, plutôt que de les maintenir sur le marché », déclare dans un communiqué François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.
Moins de substances recherchées
Générations Futures regrette que les données officielles sur lesquelles s’appuie son rapport recherchent désormais moins de substances actives dans la surveillance des pesticides qu’en 2022 (420 en 2023 contre 600 auparavant), « ce qui risque d’invisibiliser certaines contaminations ».
L’ONG appelle également à « l’arrêt des exportations de substances dangereuses interdites en Europe que l’on retrouve ensuite dans les produits importés sous forme de résidus », et au « soutien à l’agriculture biologique ».