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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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En bref — Animaux

La chasse au blaireau présentée comme une éducation à la nature dans un lycée marnais

En janvier 2021, une classe de première du lycée de la nature et du vivant de Somme-Vesle (Marne), dépendant du ministère de l’Agriculture, a participé à un déterrage de blaireaux au Bouchon-sur-Saulx (Meuse), selon l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), qui cite le magazine Chasseurs de l’Est.

Ainsi, une vingtaine d’élèves « a manié pelles, pioches et pinces géantes pour extirper, au bout de plusieurs heures d’excavation, deux blaireaux adultes » lors de cette sortie de vénerie sous terre, rapporte l’Aspas. « Évidemment, ce jour-là, les veneurs ont pris soin de relâcher les animaux sans les massacrer, mais avec cette “journée découverte”, ils espèrent bien évidemment créer des vocations parmi la nouvelle génération, dans une tentative désespérée de faire perdurer une tradition totalement archaïque synonyme de grande souffrance animale », dénonce l’association.

La vénerie sous terre consiste à lâcher un petit chien dans le terrier de blaireaux pour acculer les animaux, puis à creuser un trou à l’aplomb du terrier. Les blaireaux sont alors extraits de leur habitat à l’aide de longues pinces avant d’être achevés à coups de pelle, de dague ou de fusil.

« Alors que le blaireau est protégé dans de nombreux pays européens (Belgique, Irlande, Pays-Bas, Danemark, Portugal, Espagne, Italie…) car sa présence est le gage d’une nature préservée, il est chassable en France — alors que personne ne le mange — et chassé sans répit neuf mois et demi par an. Le pire étant le déterrage, ou vènerie sous terre : une pratique cruelle incompatible avec la reconnaissance des animaux comme êtres sensibles », dénonce l’Aspas.

Dans une tribune publiée en août 2020 sur Reporterre, des membres d’associations naturalistes et de protection des animaux demandaient l’interdiction de ce type de chasse, rappelant qu’« avec une dynamique de population très faible et une mortalité périnatale extrêmement élevée — 50 % ne dépasseront pas la première année —, le blaireau souffre, comme beaucoup d’autres, de la disparition de son habitat, et paye un lourd tribut à la circulation automobile. De plus, de par son caractère territorial, cet animal ne peut jamais être en surabondance ».

  • Source : Reporterre, avec l’Aspas (courriel)
  • Photo : Blaireau via Pixabay

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