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Agriculture

La loi Alimentation est « un échec » pour les paysans comme pour les consommateurs

Vendredi 11 octobre, l’UFC-Que Choisir et la Confédération paysanne ont publié une étude sur les effets de la loi Agriculture et Alimentation, un an après son adoption.

Les deux organisations « condamnent amèrement l’échec de la loi Alimentation », écrivent-elles dans un communiqué commun.

D’après elles, la mesure-phare de la loi, la hausse du seuil de revente à perte censée augmenter les revenus des agriculteurs, n’a pas fonctionné.

En contrepartie de la hausse du SRP qui leur a été accordée, les industriels et la grande distribution s’étaient en effet engagés à modérer leurs marges, afin que les prix consentis aux agriculteurs soient plus rémunérateurs. Mais « notre analyse des données officielles sur le lait de consommation, la viande bovine et les filets de poulet montre que cette promesse n’a pas été tenue », ont analysé les organisations.

Pour le lait UHT, alors que depuis 2017 le prix revenant à l’éleveur a diminué de 5 %, la marge des distributeurs a au contraire augmenté de 8 %. Résultat : alors que le prix agricole a diminué, les consommateurs paient maintenant le lait 4 % plus cher (…) Ainsi, le lait de vache est acheté 15 % en dessous du prix de production et la viande 14 %.

Et côté consommateurs, l’UFC-Que Choisir a démontré que « cette mesure a bel et bien déclenché une flambée des prix alimentaires ». Sur le fondement d’une étude de prix réalisée sur la totalité des magasins des grandes enseignes, « il apparaît que les prix alimentaires ont subi lors de l’entrée en vigueur de la mesure (1er février 2019) une brutale augmentation de + 0,83 % en un mois seulement ». Alors que la facture des ménages en alimentaire s’élève à 95 milliards d’euros par an, « le relèvement du SRP se traduira par une hausse de 1,6 milliard d’euros », a précisé l’UFC.

Les deux organisations ont donc demandé au gouvernement « l’abandon immédiat du relèvement du SRP et l’instauration d’un véritable rééquilibrage des négociations en faveur des acteurs agricoles. »

  • Source : communiqué de l’UFC et de la Confédération paysanne.
  • Photo : UFC-Que choisir.

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