La pénible conclusion d’une COP calamiteuse

Durée de lecture : 32 minutes

16 décembre 2019 / Baptiste Langlois (Reporterre)

La COP25 a échoué, dimanche 15 décembre, à Madrid. Pas d’ambitions revues à la hausse et aucun accord sur l’article 6, celui qui régule les marchés carbone. Bien loin des exigences nécessaires face à l’ampleur de la crise climatique.

Reporterre vous raconte les coulisses, les anecdotes et les coups de théâtre des derniers jours de la COP25, qui se tient à Madrid jusqu’au 15 décembre.


  • Madrid (Espagne), correspondance

Dimanche 15 décembre : la pénible conclusion d’une COP calamiteuse

Après une nuit de discussions et de retards, la COP s’est conclue dimanche après-midi. Sur un résultat piteux, loin des exigences de la situation.


Une COP pour (presque) rien

« C’est de la négociation par épuisement à son pire », regrette un ancien négociateur des Philippines. La COP25 s’est enfin terminée ce dimanche midi après toute une nuit de reports de la séance plénière finale. Sans, pourtant, qu’un véritable accord ait été trouvé. Le texte final reste bien loin des exigences nécessaires face à la crise climatique. II « souligne l’urgence d’améliorer les ambitions dans le but d’assurer les meilleurs efforts de mitigation et d’adaptation de tous les États ». Le minimum syndical —après une intervention en urgence de l’Espagne dans les négociations— avant la COP26 de Glasgow l’an prochain et l’activation du mécanisme d’ambition prévu par l’Accord de Paris. « Les principaux acteurs dont on espérait des avancées n’ont pas répondu à ces attentes, mais […] nous avons arraché le moins mauvais résultat possible, contre la volonté des grands pollueurs », a réagi Laurence Tubiana, directrice générale de la Fondation pour le climat.

Concernant le texte des « loss and damage » (pertes et dommages), des soutiens financiers apportés aux pays vulnérables et victimes du changement climatique, il ne fait pas l’unanimité. Les États-Unis étaient le principal frein dans ces négociations à un texte plus fort. Le représentant de Tuvalu, Etat ilien du Pacifique, insistait : « Il y a des millions de personnes qui souffrent des changements climatiques partout dans le monde. Le nier pourrait être considéré comme un crime contre l’humanité. » De manière générale, de nombreux pays en développement ont exprimé leur déception face à l’échec des discussions sur le financement climatique.

« Il semble que la COP25 soit en train de tomber en morceaux »

Pour l’article 6, sur les marchés carbone internationaux, aucun accord n’a été trouvé. Échec total. Il s’agissait du noeud des négociations (et de leur lenteur). Le représentant du Brésil était « désolé qu’il n’y ait pu avoir d’accord sur cet item. Mais nous voyons le verre à moitié plein car il y a eu du mouvement ». Le Brésil était pourtant, avec l’Australie et les États-Unis, parmi les pays qui bloquaient les négociations. « Avec un peu de temps, nous aurions pu arriver plus loin », regrettait le délégué de l’Afrique du Sud, qui menait le jeu sur ce point avec la Nouvelle-Zélande, secondé par le Japon et le Chili. « Tous les mécanismes de marché doivent apporter un financement aux besoins d’adoption des pays les plus vulnérables », a fait savoir le délégué sénégalais qui, comme son homologue égyptien, n’était pas le seul à être frustré par le manque d’accord sur ce point d’achoppement récurent.

Cette COP, présidée par le Chili mais organisée à Madrid, s’achève donc sur un accord —très— faible de la part des gouvernements, malgré le travail acharné des États insulaires et des pays membres de la Haute Coalition pour l’Ambition. Elle aura, en revanche, permis à la société civile, aux mouvements de jeunes et de peuples autochtones de faire entendre leur voix. « Il semble que la COP25 soit en train de tomber en morceaux », a tweeté durant la nuit, amère, Greta Thunberg, la jeune activiste suédoise pour le climat. Jennifer Morgan, présidente de Greenpeace International, estime que « les gouvernements doivent complètement repenser comment ils agissent, car le résultat de la COP25 est totalement inacceptable ». Elle critique un « leadership chilien faible » et demande aux « preneurs de décision de rentrer chez eux et de penser comment ils peuvent aller de l’avant alors que l’on rentre dans une année 2020 critique ». Rendez-vous l’an prochain en Écosse.


Un dimanche bien gâché

Les reports de tenue de la séance plénière finale se sont succédés toute la nuit de samedi à dimanche, mais l’assemblée s’est finalement tenue dimanche matin, à partir de 9h30. Cette prolongation exceptionnelle fait de la COP 25 celle qui a duré le plus longtemps de toutes ces conférences depuis vingt-cinq ans.

Tout est confus, les délégués ne parviennent pas à trouver un des textes en discussion.

Dans la décision « Chili-Madrid Time for Action », le Brésil demande la suppression des paragraphes 30 et 31 relatifs au dialogue sur le lien changement climatique - océans et terres. Moment de tension : tout va-t-il être bloqué ? Tuvalu et Belize disent que, pour eux, l’enjeu est vital. Le Brésil, « par respect pour Tuvalu et Belize » accepte finalement les deux articles.

- Télécharger "Chili Madrid Time for action"

Déclaration « Chili Madrid Time for action ».

Cette décision, qui demande la rehausse du niveau d’ambition des États face a l’urgence climatique en vue de la COP26 (Glasgow), est adoptée. « Formulation un peu molle, mais bonne direction », juge Alain Maron, ministre de l’Environnement de la région de Bruxelles.

La séance se poursuit, et la présidente chilienne de la COP, Carolina Schmidt, énumère les points techniques, qui sont adoptés les uns après les autres.

Tuvalu : « Ne pas aider les pays victimes du changement climatique serait un crime contre l’humanité ».

La tension remonte à 11 h, quand on discute du texte sur les « loss and damages » (pertes et dommages), c’est-à-dire des soutiens financiers qui seront apportés aux pays pauvres vicitimes du changement climatique. Le texte est faible. Plusieurs pays pauvres le soulignent (Palestine, Tuvalu, Belize, Uruguay, Bouthan...). « C’est une tragédie absolue », dit le représentant de Tuvalu, Etat ilien du Pacifique, « des millions de gens souffrent déjà des effets du changement climatique. Ne pas fournir de l’assistance peut être interprété comme un crime contre l’humanité ».

Marché du carbone : pas d’accord

La discussion se poursuit, et enregistre l’échec à trouver l’accord sur l’article 6 de l’Accord de Paris, qui concerne le marchés du carbone. Le sujet rebondit de COP en COP, les pays sont très divisés à son sujet.

- Télécharger l’article 6 :

Article 6 de l’Accord de Paris
Sénégal : « Les mécanisme de marché doivent apporter un financement aux pays vulnérables ».

Pour le Sénégal, « tous les mécanismes de marché doivent apporter un financement aux besoins d’adaptation des pays les plus vulnérables ».

Egypte : Ce financement pour l’adaptation est « un composant central » de la discussion.

Autre sujet sur lequel l’accord n’est pas trouvé, et qui est repoussé à la COP26 de 2020 : le financement à long terme du climat. L’enjeu : apporter aux pays en développement les moyens de s’adapter au changement climatique. Le représentant de l’égypte, au nom du groupe africain, regrette vivement l’échec, c’est-à-dire l’incapacité des pays les plus riches à s’engager : « Ce n’est pas ce que les pays africains, et plus largement les pays développés, attendaient quand ils ont signé l’Accord de Paris ». Ce financement pour l’adaptation est « un composant central » de la discussion. Il est vivement applaudi, ayant exprimé la frustration d’une large partie des délégués.

La Malaisie enfonce le clou : « On ne peut pas parler d’ambition [sur les objectifs climatiques] sans parler de finance ». L’Union européenne dit que la porte n’est pas fermée. L’Égypte reprend la parole pour dire que l’Europe, et notamment plusieurs pays - l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni - respectent leurs engagements en matière de finance.

À 13 h, la présidente fait un discours conclusif. Mais ensuite, des délégués prennent la parole pour... essayer de sauver les meubles, sur le mode, « c’était une COP difficile, mais nous avons beaucoup avancé » (délégué de l’Egypte). La Chine prend la parole pour un texte plus politique : « Nous regrettons l’échec sur l’article 6. (...) On a besoin d’actions concrètes plutôt que de slogans creux. (...) Nous regrettons l’absence de réponse des pays développés sur le financement. (...) Les pays développés doivent urgemment prendre des actions pour réduire les émissions. »

Ce sont ensuite les ONG qui, au nom des jeunes, des paysans, des peuples indigènes, prennent la parole. Mais le temps s’écoule, et ces témoignages qui ne peuvent que constater l’écart entre leurs espoirs et la réalité décevante de la diplomatie. La COP s’achève à 13h55.

Samedi 14 décembre : les États se disputent, la crise climatique s’aggrave

Alors que la société civile a donné de la voix, les discussions n’ont pas abouti, vendredi 13 décembre à Madrid, obligeant les délégations à faire des heures supplémentaires. Le gros point d’anicroche : les marchés carbone. Les discussions se poursuivent samedi matin.

- Samedi, 21 h 30 - La séance plénière est repoussée à minuit - au mieux...

- Samedi, 17 h - La séance plénière est repoussée à 20 h.

- Samedi, 15 h - À 15 heures, Andrés Landerretche, le coordinateur de la présidence de la COP, a donné une conférence de presse. Il joue les prolongations, comme hier, et repousse encore de quelques heures la fin des négociations où de nombreux sujets restent ouverts (l’ambition, les marchés carbone). "Nous allons soumettre de nouveaux textes et voir les positions de chacun", dit-il, alors que les textes présentés le matin ont essuyé de vives critiques. La séance plénière de clôture, déjà maintes fois repoussée, est prévue à 17 heures.

- Vendredi, 20 h - Certains espéraient qu’un accord tomberait vendredi soir, et à une heure raisonnable, puisque cette conférence mondiale sur le climat ne semblait être qu’une transition la COP26. Espoirs douchés par Andrés Landerretche, coordinateur de la présidence chilienne, aux alentours de 19 heures : « Cette nuit, ou demain, mais on doit finir rapidement. » Car deux semaines de COP, c’est long, et 2020 vient vite. En Écosse, un renouvellement des promesses visant à contenir le réchauffement sous le seuil des 2°C est de mise, cinq ans après l’Accord de Paris. Cette perspective n’empêchait pas Jennifer Morgan, présidente de Greenpeace international, d’être très irritée vendredi en fin de matinée par l’enlisement des négociations : « Le texte doit inclure un guide clair pour la science, pour la protection des droits humains, et ne peut certainement pas inclure quelconque trafic de carbone. Il y a toujours des pays comme l’Australie, le Brésil ou l’Arabie Saoudite pour chercher des failles dans l’Accord de Paris. Or ils doivent être ambitieux et travailler avec les États les plus vulnérables. Ils pourraient ainsi regarder leurs enfants droit dans les yeux une fois rentrés chez eux. »

L’Australie et le Brésil freinent des deux pieds

Le relèvement des ambitions est « un point extrêmement important pour notre survie », rappelle le délégué du Belize à la Coalition pour une Haute Ambition. Mais les termes de l’accord sur quelques points techniques semblent peu convenir à certaines délégations. « Nous rencontrons des problèmes sur le double comptage ou l’utilisation d’anciens crédits du protocole de Kyoto [Article 6 sur les quotas carbone] avec l’Australie, le Brésil et les Etats-Unis », indiquait Carlos Manuel Rodríguez, ministre de l’Environnement du Costa Rica.

Autre recul : « La question des droits humains a disparu des textes sur les crédits carbone. On est en train de créer une brèche énorme dans l’Accord de Paris », s’inquiétait Sara Lickel, chargée de plaidoyer au Secours catholique. Laurence Tubiana, directrice de l’European Climate Foundation et dont l’avis paraît largement partagé dans les couloirs de la conférence, estimait que « s’il y a du délai supplémentaire pour un accord sur l’article 6, ce n’est pas un problème. Nous avons besoin de règles fortes, pas d’un accord avec des principes faibles ou incomplets. » La Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud tentaient de trouver un terrain d’entente sur ce thème.

Du côté des pertes et préjudices, c’est-à-dire des compensations financières pour les pays pauvres affectés par les effets du changement climatique, les négociations semblaient avancer plus rapidement. Seuls les Etats-Unis ralentissaient la cadence.

Les jeunes pressent les responsables de prendre des mesures ambitieuses.

À l’heure du bilan, cette COP25, qui probablement accouchera d’une souris, n’aura que peu porté son slogan : « Time for action ». Action, pourtant, il y a eu, mais davantage du côté de la société civile et des mouvements de jeunes que de la communauté internationale. « On ne peut que remarquer une dissonance entre ce qu’il se passe dans la rue et à la COP », regrettait Laurence Tubiana. Pour ce dernier jour, la société civile a pressé —de nouveau— les responsables à prendre des décisions plus ambitieuses. Le matin, Greenpeace avait déployé des banderoles devant l’Ifema. Et une action à base de chants et de prises de paroles a été organisée, dans l’après-midi, par des mouvements de jeunes, avant de se poursuivre en dehors du salon des foires pour retrouver ceux qui n’avaient pas de badge. « C’est la première COP depuis que Fridays For Future a émergé, depuis que des millions de personnes dans le monde réclament des mesures immédiates, que la société civile s’est réveillée, et les États en restent au même point, disait, amer, Alejandro Martínez, membre du mouvement en Espagne. On continuera à mettre la pression et on sera encore plus fort à Glasgow car l’urgence climatique ne disparaîtra pas, bien au contraire. »

Pacte Vert européen et sommet avec la Chine

L’Europe devra mener le bal... et entraîner la Chine dans son sillage.

Tous, ou presque, s’accordent à dire que l’Union Européenne, avec son « Pacte Vert » (Green Deal) et son engagement à devenir neutre sur le plan climatique d’ici 2050 (sauf la Pologne), devra mener le bal d’ici à la COP26. « Nous sommes dans une année où une direction collective doit être prise. L’an prochain, tout le monde devra faire plus au niveau individuel », dit Laurence Tubiana. Et l’Union Européenne en premier lieu. Avec un sommet prévu à Leipzig (Allemagne), elle espère pouvoir entraîner la Chine dans son sillage… Puis d’autres par la suite. L’effet domino, mais à la (très petite) vitesse de la géopolitique mondiale.

Jeudi 12 décembre : la COP de Madrid, un tremplin pour Glasgow ?

Une œuvre d’art installée à la COP : deux mains soutiennent la façade d’un palais vénitien.

Ce jeudi 12 décembre était l’avant-dernier jour (sur le papier) de négociations compliquées qui pourraient être repoussées à l’an prochain. Notamment sur la question des mécanismes de compensation carbone.

Au début de matinée, l’Ifema paraissait bien vide par rapport aux jours précédents. Certains membres des délégations ont commencé à partir pour éviter de congestionner l’aéroport de Madrid vendredi soir, date officielle de la fin de cette conférence mondiale sur le climat. Ou samedi dans la journée, si les négociations s’allongent jusqu’au petit matin — ce qui sera probablement le cas. Al Gore, lui, sera sûrement reparti avant. Le fondateur du Climate Reality Project et ancien vice-président des États-Unis sous Bill Clinton participait hier à une conférence au pavillon chinois avec Yingmin Zhao, vice-ministre de l’Écologie et de l’Environnement. S’il a rappelé que « la Chine a investi, l’an dernier, environ un milliard d’euros en énergie propre », il a clairement fait comprendre au vice-ministre que « la Chine perdrait beaucoup de crédit à continuer le financement de nouvelles centrales à charbon ». Une poignée de main et Yingmin Zhao a filé dès la fin de la prise de parole d’Al Gore. Il n’a pas pu entendre Niclas Svenningsen, responsable du Programme de l’action climatique mondiale de l’ONU, assurer que « le rulebook [notice claire et ambitieuse de l’Accord de Paris] sera près demain ».

Al Gore, ex-vice président des États-Unis : « La Chine perdrait beaucoup de crédit à continuer le financement de nouvelles centrales à charbon ».

Il semble bien plus optimiste que les négociateurs, qui patinent toujours en coulisses. « Alors que la protestation se fait entendre dans la rue, on a l’impression que l’on joue ici avec des pièces de plomb », regrette Juan López de Uralde, député de Podemos (gauche radicale) et ex-responsable de Greenpeace Espagne. Les points de débat sont les mêmes que lors des derniers sommets. À savoir : la régulation des marchés carbone internationaux (l’article 6 de l’Accord de Paris), la question du financement des pertes et préjudices ou des ambitions dans les décisions finales de la COP.

« Certains pays trouvent difficile d’actualiser leurs promesses de l’Accord de Paris »

Si la principale ligne de fracture, notamment sur les marchés carbone, se situe entre les pays du Nord et du Sud, des dissonances sont apparues entre les Basic (Brésil, Afrique du Sud, Inde et Chine), les grands pays émergents. « Ils ont rédigé une déclaration suggérant, compte tenu du retard de l’action climat avant 2020, de créer un nouveau programme de travail qui continuerait jusqu’en 2022, explique Lola Vallejo, directrice du programme climat de l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales). Cela donnerait plus de temps pour remplir les objectifs de 2020. C’est aussi une façon de faire pression sur les pays développés : de dire que de nouveaux engagements de leur part sont conditionnés au respect des moyens promis par les pays développés. » Sauf que l’Afrique du Sud, qui affirme ne pas avoir été consultée, a contesté la déclaration. Comme d’autres pays en développement, dont beaucoup de petites îles, estimant que la priorité est le relèvement de l’ambition adoptée lors de l’Accord de Paris. Et non l’aveu d’un retard.

Teresa Ribera, ministre espagnole de la Transition écologique (au centre) : « Certains pays trouvent difficile d’actualiser leurs promesses de l’Accord de Paris ».

Ce traité, datant de 2015, visait à contenir le réchauffement climatique « bien en dessous » de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Or, selon de nombreux rapports scientifiques, les promesses des États (les contributions déterminées au niveau national, « NDC », en anglais) suivent une trajectoire supérieure à ce chiffre. D’où la priorité, pour les pays vulnérables et déjà victimes du changement climatique, d’élever les objectifs. Teresa Ribera, ministre espagnole de la Transition écologique, admet que « certains pays trouvent difficile d’actualiser leurs promesses de l’Accord de Paris. D’autres, au contraire très concernés, poussent pour que ce soit le cas. Cela montre bien les complexités de passer d’un traité à un autre. Mais nous devons accélérer. Se décider, par exemple, sur comment nous reflétons les observations de la science et des rapports du Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] dans les contributions nationales ».

« Il vaut mieux aucun accord au lieu d’en avoir un qui permette des fuites de carbone ou vide ce marché de son sens »

Ces négociations, pilotées par Singapour et l’Espagne, s’enlisent malgré leur bonne volonté. Car aucun des gros émetteurs, à savoir la Chine, le Brésil, le Canada, le Japon — au grand désespoir de son ministre de l’Environnement — ou l’Australie, n’ont envoyé pour le moment de signaux positifs. L’Australie, d’ailleurs, a montré son peu d’ambition sur la question des mécanismes de compensation carbone. Le pays-continent a laissé entendre qu’il utiliserait des crédits d’émission supplémentaires, acquis dans le cadre du protocole de Kyoto, pour atteindre ses engagements. Cette volonté de transfert a été très critiquée dans les allées de la COP et n’aurait, selon des observateurs, pas de fondement juridique.

Lola Vallejo rappelle néanmoins que « de plus en plus d’observateurs disent qu’on ne devrait pas juger le succès de cette COP au fait d’avoir des règles pour l’article 6. Il vaut mieux aucun accord au lieu d’en avoir un qui permette des fuites de carbone ou vide ce marché de son sens ». Et donc repousser l’équation à l’année prochaine, pour la COP26 de Glasgow (Écosse). Les tractations à grande échelle semblent loin d’être finies.

Les délégations européennes comptent beaucoup, en tout cas, sur l’annonce faite mercredi des axes clés de son « pacte vert » (aussi appelé « Green Deal ») pour montrer la marche à suivre jusqu’à la réunion écossaise. « C’est un pacte ambitieux pour rendre l’économie du continent encore plus verte, apprécie Teresa Ribera. L’effet sera positif et cela mettra plus de pression au moment de discuter de certaines questions, ici, dans les prochaines heures. » Ou là-bas, l’an prochain.

Mercredi 11 décembre : à la COP25, « on se parle beaucoup mais on avance peu »

À Madrid, mercredi 11 décembre, des participants à la COP25 ont lancé de pressants appels à agir face à l’urgence et au manque d’ambition des États. Sans vraiment de succès.

Après le passage de quelques stars, dont le chanteur Alejandro Sanz, très populaire en Espagne, retour aux négociations dans l’immense salon des foires madrilènes de l’Ifema, où midi semble être minuit (et inversement). À une poignée de jours de la clôture de la COP25, l’acteur Harisson Ford, alias Han Solo ou Indiana Jones, et le milliardaire Mickaël Bloomberg, ex-maire de New York et candidat aux primaires démocrates, sont venus mardi pour combler le vide laissé par Donald Trump, qui a engagé le retrait officiel des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat. « Nous sommes ici parce que l’administration Trump refuse de lutter contre le changement climatique. Nous devons faire le travail et redoubler d’efforts », a clamé M. Bloomberg. Lors de son passage éclair, Harrison Ford a lui incité à « réduire drastiquement notre dépendance aux combustibles fossiles et accélérer la transition vers des énergies propres et renouvelables ». Ce mercredi, c’était John Kerry, ancien secrétaire d’État sous Barack Obama, qui est venu occuper le terrain.

John Kerry, l’ancien secrétaire d’État de Barack Obama.

Loin des projecteurs, les discussions pointues et techniques semblent, elles, encore patiner. « Il y a toujours trop d’obstacles bureaucratiques, dont de perverses subventions d’énergies fossiles et beaucoup d’autres expressions d’actions de gouvernements ralentissant les engagements du secteur privé à l’action climatique, regrette António Guterres, le secrétaire général des Nations unies. J’appelle quiconque faisant du lobbying auprès des gouvernements pour une transition lente — ou parfois pas de transition — à cesser cette activité tout de suite. Le monde nous regarde. »

« Ce n’est pas du leadership, c’est une tromperie »

C’est peu ou prou le message lancé mercredi par les jeunes activistes, très en vue depuis le début de l’évènement, dans la rue ou dans les couloirs d’Ifema. Trop présents pour la sécurité ? Aux alentours de 15 heures, des représentants de la société civile et de peuples autochtones ont pris part à une action pacifique mais non autorisée devant la salle plénière. Avant d’être expulsés… Seulement temporairement pour certains observateurs. Plus tôt dans la matinée, une cinquantaine de jeunes du mouvement Fridays For Future étaient montés sur la scène après une conférence à laquelle participait la Suédoise Greta Thunberg.

Tout juste désignée personnalité de l’année par le magazine Time, elle n’a pas mâché ses mots : « Une poignée de pays riches a promis de réduire ses émissions de gaz à effet de serre ou d’atteindre la neutralité climatique en tant d’années. Cela semble impressionnant, mais même si les intentions sont bonnes, ce n’est pas du leadership, c’est une tromperie. Parce que la plupart de leurs promesses n’incluent pas l’aviation, le secteur maritime […] et incluent la possibilité pour les pays de compenser leurs émissions ailleurs. »

Une déclaration en rapport direct à un point d’achoppement des discussions, le fameux article 6 de l’Accord de Paris et le mécanisme des marchés carbone. Il s’agit d’un système d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre entre les pays qui en émettent trop et ceux qui en émettent moins. Le Brésil, la Chine ou l’Arabie saoudite ne sont pas sur la même position que l’Union européenne alors que Greta Thunberg attend « désespérément un signal d’espoir, et je vous dis qu’il y a de l’espoir. Il ne vient pas des gouvernements ou des corporations mais du peuple ». Présente également, Jennifer Morgan, la directrice de Greenpeace International, s’est demandée : « Où sont les leaders ? […] Le cœur de l’Accord de Paris bat toujours, mais à peine. »

« Un puzzle à plusieurs milliers de pièces »

Le mercredi est aussi une sorte de « jour du business » dans cette deuxième semaine de la conférence des parties : l’occasion pour 177 grandes entreprises de s’engager à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Le nombre de firmes a doublé par rapport au sommet « action climat » organisé à New York, en septembre. Les émissions de CO2 par an de ces entreprises correspondent plus ou moins aux émissions annuelles… de la France.

Pierre, membre de la convention citoyenne pour le climat.

En parlant de France, Pierre, aide-soignant de 49 ans et membre de la convention citoyenne pour le climat lancée par Emmanuel Macron, est venu quelques jours à Madrid. « Pour parler de l’initiative, discuter avec des experts et autres participants, pour diffuser notre travail et nos attentes », explique-t-il. À la COP, sa première impression a été celle « d’un puzzle à plusieurs milliers de pièces ». Au cœur du salon des foires, devant le pavillon tricolore, il a la sensation « qu’on se parle beaucoup mais qu’on avance peu ».

Doucement, du moins. En fin d’après-midi, l’Alliance pour une ambition climatique, lancée en septembre par le Chili pour intensifier les engagements des nations, a annoncé être passée de 65 à 73 membres. Et si elle ne peut pas encore compter sur les grands pays pollueurs, 398 villes et près de 800 entreprises adhèrent désormais à l’effort pour atteindre la neutralité carbone d’ici l’année 2050.

Vendredi 6 décembre : les négociations internationales sur le climat s’enlisent

La 25e conférence des Nations unies sur le climat (COP25) se déroule à Madrid depuis le 2 décembre. Mais les négociations n’avancent pas, tout semble bloqué, alors que l’urgence climatique est toujours plus grande. Comme l’ont rappelé plusieurs centaines de milliers de manifestants vendredi soir.

La 25e Conférence des parties (COP25) se déroule depuis le 2 décembre et jusqu’au 13 à Madrid, en Espagne. Un an avant la COP26 à Glasgow, cruciale, elle doit amorcer une dynamique ambitieuse et collective contre le changement climatique. Après une semaine de négociations, les différentes parties sont loin d’y parvenir.

« Il n’y a jamais eu un moment plus important pour écouter la science, a déclaré lundi, en ouverture de la COP25, le Secrétaire général des Nations unies António Guterres. Ne pas tenir compte de ces avertissements et ne pas prendre de mesures drastiques pour inverser les émissions signifie que nous continuerons d’être témoins de vagues de chaleur mortelles et catastrophiques, de tempêtes et de pollution. » Le Climate Vulnerable Forum, un partenariat mondial regroupant des pays fortement touchés par les conséquences du réchauffement de la planète a exhorté les États du monde à rehausser immédiatement leurs engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris.

Adopté en 2015, ce traité visait à contenir le réchauffement climatique « bien en-dessous » de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, afin de limiter les perturbations du système Terre. Or, les promesses actuelles des États (exprimées en contributions déterminées au niveau national, ou NDC) suivent une trajectoire conduisant à un réchauffement supérieur à 3 °C. Et elles ne sont même pas tenues : selon les auteurs du Global Carbon Project, les émissions mondiales de CO2 ont encore augmenté de 0,6 % en 2019.

Le cycle de renouvellement de ces promesses est prévu tous les cinq ans. La prochaine échéance ? La COP26 à Glasgow, en 2020. Dans moins d’un an. « Face au changement climatique, le monde a besoin qu’un capital politique fort soit engagé dès cette COP25, pour relever les promesses d’ici à Glasgow », résume Lucile Dufour, du Réseau action climat.

Les plaidoiries d’António Guterres et du Climate Vulnerable Forum n’ont, à l’heure actuelle, pas été suivies des « mesures drastiques » escomptées. « Malheureusement, il n’y a pas eu beaucoup de mouvement cette semaine, déplore Armelle Le Comte, d’Oxfam. Les négociations sont très techniques, pas mal de points sont bloqués et tout reposera désormais sur le segment ministériel, en deuxième semaine. C’est problématique, et ça montre encore une fois la déconnexion entre l’urgence, qui s’accroît, et l’état des négociations internationales, qui s’enlisent. »

Aucun État parmi les plus émetteur de gaz à effet de serre [1] n’a annoncé le moindre engagement immédiat, alors que la session inaugurale était explicitement conçue pour évoquer des mesures « à court terme ». Pire, il se dit en coulisse que des pays comme le Japon pourraient ne pas soumettre de nouvelle promesse avant la COP26, au mépris de l’Accord de Paris.

L’Union européenne, attendue comme un élément moteur des négociations, est aux abonnées absentes. A Madrid, la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a omis toute mention d’un quelconque objectif européen pour l’horizon 2030. En revanche, un document ayant fuité dans le média Euractiv donne les grandes lignes du Green Deal européen, qui doit être publié mercredi 11 décembre. Selon ce document, en octobre 2020, la Commission « va présenter un plan complet sur la manière de porter l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’UE, pour 2030, à au moins 50 % et vers 55 %. »

« Macron freine des quatre fers sur l’ambition, il s’est engagé dans une course à la lenteur »

« Cet objectif n’est pas du tout en phase avec l’Accord de Paris, déplore Clément Sénéchal, de Greenpeace. L’Union européenne ne joue pas du tout son rôle. » La faute, pour lui, à « l’Allemagne et la France » : « Macron freine des quatre fers sur l’ambition, il s’est engagé dans une course à la lenteur. » De plus, « le timing de ce plan n’est pas bon » pour M. Sénéchal : « Attendre octobre 2020 pour le dévoiler ne permettra pas aux États membres de se mettre d’accord avant la COP26. »

Autre sujet important de cette COP25 : « Les pays développés et les pays en développement sont divisés sur la question du financement des pertes et dommages » note Armelle Le Compte. Ce « financement des pertes et dommages » est un nouveau mécanisme de financement souhaité par les pays les plus pauvres qui subissent déjà les dommages causés par des conditions climatiques plus extrêmes et par la montée des eaux liées au changement climatique. « Ces États souhaitent que cette spécificité leur soit reconnue, mais les pays développés refusent toujours la mise en place d’un tel mécanisme », dit Armelle Le Comte. Dont la France qui, par la voix de la secrétaire d’État Brune Poirson, s’y est dite opposée.

Quant à la question brûlante des marchés carbone — des systèmes d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre entre des pays qui en émettent trop, et des pays qui en émettent moins —, elle n’est pas réglée. « En l’absence de réglementation forte, comme c’est le cas actuellement, ces marchés vont permettre aux États de se dédouaner des exigences de réduction réelle des émissions de gaz à effet de serre », estime Sara Lickel, chargée de plaidoyer au Secours catholique.

« Aujourd’hui encore, des critères assez basiques de protection des droits humains ne sont pas intégrés » dans les conditions de mise en œuvre des marchés carbone, dit Sara Lickel, « alors que des projets de réductions d’émissions - barrages, déploiement d’énergies renouvelables -, pouvant générer des crédits carbones que des pays peuvent acheter, risquent de mettre en péril des populations et des écosystèmes ». Le Brésil et l’Arabie Saoudite, entre autres, sont fermement opposés à toute formulation relative aux droits de l’Homme.

À l’aube de la deuxième semaine de la COP25, le chemin vers Glasgow et l’élaboration une dynamique commune et ambitieuse semble encore bien long.


UNE MANIFESTATION MASSIVE À MADRID POUR LE CLIMAT

  • Madrid, correspondance

Des dizaines de milliers de personnes, dont l’activiste suédoise Greta Thunberg, ont pris part vendredi soir 6 décembre à la Marche pour le climat. Elle inaugure un sommet social organisé en parallèle des discussions officielles de la COP25.

« Le monde s’est réveillé » alors que la nuit enveloppait Madrid. Aux alentours de 18 heures, la Marche pour la climat a débuté à la gare d’Atocha avec ce constat, affiché en grand sur une banderole portée par des représentants de peuples autochtones et indigènes venus du Chili. Malgré la délocalisation de l’évènement en Espagne, ils étaient nombreux en tête d’un cortège qui a réuni des dizaines de milliers de personnes (500.000 selon les organisateurs, 15.000 selon la délégation du gouvernement) dans la capitale madrilène. L’objectif : exhorter les gouvernements, dont les délégations sont actuellement en pleine COP25 au salon des foires de Madrid, de respecter les engagements pris lors de l’accord de Paris.

« Nous n’avons pas d’autre option »

Un message énoncé haut et fort par, entre autres, l’acteur Javier Bardem et la jeune activiste Greta Thunberg à l’issue de la marche. « Nous sommes à un des moments les plus critiques de notre histoire et pour la première fois, nous parlons d’une seule voix », a signalé l’acteur espagnol. Il a engagé les « responsables politiques à être la hauteur » et égratigné, au passage, Donald Trump et le maire de Madrid. « Il n’y a que trois mots qui peuvent freiner l’impact de cette crise : urgence, ambition et réduction. »

Greta Thunberg (2e à partir de la gauche) : « On ne peut pas attendre un jour de plus. »

« J’espère de tout mon cœur que la COP25 parvienne à quelque chose de concret. Qu’elle permette une meilleure prise de conscience au sein de la population. On ne peut pas attendre un jour de plus », a poursuivi Greta Thunberg, ajoutant « que le changement arrivera, qu’ils [les responsables politiques] le veuillent ou non. Parce que nous n’avons pas d’autre option. » La Suédoise de 16 ans, symbole de la lutte contre le changement climatique, était arrivée vendredi matin par un train de nuit en provenance de Lisbonne. Entourée par les journalistes et les militants, elle a dû quitter la marche, sur recommandation de la police espagnole, et se rendre directement en fin de parcours.

« Nos ressources sont limitées, notre Terre aussi »

« Futur noir pour la planète ».

Le long de la manifestation, sur la grande artère du Paseo de la Castellana, bordée de parc, musées et autres bâtiment officiels, l’ambiance était familiale et pacifique. Andrés, ingénieur de 35 ans, participait à sa première marche pour le climat. D’ailleurs il n’a pas souvenir d’un rassemblement si conséquent sur ce thème en Espagne. « C’est nécessaire pour faire prendre conscience que nos ressources sont limitées, notre Terre aussi. Le regroupement des peuples, comme aujourd’hui, doit permettre de faire changer les choses ».

Mercedes et Silva : « On doit montrer que le mécontentement est intergénérationnel et mondial ».

Mercedes et Silvia, respectivement 71 et 61 ans, ressentent, elles, « de la honte, pour nos générations, de devoir être poussées par les jeunes pour sortir dans la rue. On doit montrer que le mécontentement est intergénérationnel et mondial ».

Cette manifestation était organisée par Fridays for Future Espagne, avec le soutien d’associations écologistes et sociales espagnoles et chiliennes. Elle inaugure le « Sommet social pour le climat », un évènement alternatif organisé par la société civile en parallèle des discussions officielles. De nombreux ateliers, activités et discussions sont organisés jusqu’au 13 décembre au sein de l’Université Complutense de Madrid qui fut, il y a quelques années, le berceau du mouvement des Indignés. « Nous souhaitons mettre en lumière le fait que la contestation sociale au Chili et dans d’autres endroits du monde est aussi l’expression de la crise écologique, peut-on lire dans le manifeste du contre-sommet. Nous nous solidarisons avec ceux qui souffrent le plus, avec les travailleurs et les communautés qui sont en première ligne de la résistance sur tous les continents. »


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[1Seuls 67 pays, adhérents à l’Alliance pour l’ambition climatique, ont annoncé leur engagement pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Ces pays représentent seulement 10 % des émissions de CO2 du monde. Et seules les îles Marshall ont réellement relevé leur ambition.


Lire aussi : La COP24, le journal jour après jour

Source : Baptiste Langlois pour Reporterre avec Hervé Kempf le dimanche 15.

Photos : © Baptiste Langlois/Reporterre
. chapô : l’action faite par les jeunes mercredi matin après le discours de Greta Thunberg. © Fridays For Future
. session repoussée à minuit : IISDR



Documents disponibles

  Article 6 de l’Accord de Paris   Déclaration « Chili Madrid Time for action ».
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