Neutralité carbone : l’UE assouplit les règles pour atteindre l’objectif
Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Emmanuel Macron, le 17 juillet 2023 à Bruxelles. - Wikimedia Commons / CC BY 4.0 / Christophe Licoppe / European Union, 2023 / EC - Audiovisual Service
Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Emmanuel Macron, le 17 juillet 2023 à Bruxelles. - Wikimedia Commons / CC BY 4.0 / Christophe Licoppe / European Union, 2023 / EC - Audiovisual Service
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Malgré les divisions persistantes entre États membres, la Commission européenne a proposé le 2 juillet de conserver son objectif ambitieux de réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2040. Pour obtenir un consensus, elle a toutefois introduit plusieurs assouplissements qui font grincer des dents.
Dès 2036, les États pourront comptabiliser jusqu’à 3 % de crédits carbone internationaux dans leur bilan, en finançant des réductions d’émissions hors d’Europe. Un mécanisme contesté, jugé opaque et peu efficace. « La Commission s’en remet à de la comptabilité douteuse et à des pratiques de blanchiment carbone international », a dénoncé dans un communiqué Thomas Gelin, chargé de campagne climat à Greenpeace, estimant que cela risquait de « retarder les changements nécessaires pour les ménages et les entreprises européennes ».
Macron demande à « ne pas se surcontraindre »
Le plan autorise aussi les États membres à compenser les émissions plus élevées dans certains secteurs par des performances meilleures dans d’autres. Il valorise aussi davantage la capture du CO2 et met l’accent sur la neutralité technologique. Un clin d’œil à Paris, qui milite pour une reconnaissance pleine du nucléaire.
Emmanuel Macron, favorable à l’objectif de 90 %, continue néanmoins de défendre qu’il n’y a pas d’urgence à arrêter dès maintenant un plan contraignant pour 2040. Le président français demande à « ne pas se surcontraindre », jugeant que seul un objectif pour 2035 est requis pour la COP30 à Belém (Brésil), en novembre.
Pour Greenpeace, la proposition reste en deçà des recommandations du Conseil scientifique européen sur le climat, qui plaidait pour une réduction domestique de 90 à 95 %. Et elle intervient alors que l’Europe subit une canicule historique, symbole du décalage croissant entre les discours et l’action.
Le texte devra encore être négocié entre Parlement européen et États membres. Le calendrier est serré : un accord est espéré avant Belém, mais les débats s’annoncent houleux.