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Alternatives

Podcast – Se passer de l’État ? Ils l’ont fait !

« Carnets d’alerte », un podcast de Juliette Duquesne.

Comment se passer de l’État et du capitalisme ? Habitat partagé, anarchisme, zapatisme... Dans la saison 3 de « Carnets d’alerte », la journaliste Juliette Duquesne explore ces alternatives concrètes. Reporterre vous offre les 10 épisodes de ce podcast.

Pour une écologie efficace, faut-il s’émanciper de l’État ? En France et dans le monde, des initiatives existent déjà pour construire des modes de vie alternatifs. C’est ce que nous fait découvrir la journaliste Juliette Duquesne dans la saison 3 de son podcast Carnets d’alerte, produite par Thomas Baumgartner chez Wave Audio et réalisée par François-Charles Domergue, en codiffusion avec Reporterre.

Une vieille ferme bretonne restaurée en habitat partagé, une communauté autosuffisante qui transforme la laine, un village écolo qui résiste à la marée d’extrême droite… Des tréfonds de la Bretagne à l’ancienne zad de Notre-Dame-des-Landes, en passant par les communautés zapatistes du Chiapas, Juliette Duquesne (autrice du livre Autonomes et solidaires pour le vivant — S’organiser sans l’autorité de l’État, éd. Le Bord de l’eau, 2025) nous immerge dans le quotidien d’organisations qui puisent leur force et leur durabilité dans la capacité à subvenir à leurs besoins collectivement, et indépendamment des circuits classiques. Au cœur de quasiment tous ces projets : l’autonomie alimentaire, gagnée grâce au travail collectif de la terre et à l’approvisionnement local.

S’émanciper de l’État ne signifie pas forcément s’en extraire à 100 %. « Aucun des collectifs que j’ai rencontrés ne s’organise complètement sans l’État, nuance Juliette Duquesne. À la zad de Notre-Dame-des-Landes par exemple, des gens touchent le RSA, ce qui leur permet de prendre soin du collectif. Certains continuent d’œuvrer pour faire changer les lois au niveau national : aujourd’hui, c’est tellement difficile de prendre soin du vivant que toute bataille gagnée est bonne à prendre. »

Ce podcast démontre ainsi comment le capitalisme et l’État-nation se sont toujours nourris l’un l’autre, « ce qui n’est pas toujours bien formalisé dans les milieux militants », observe la journaliste. « Une fois qu’on en a pris conscience, cela permet de construire d’autres solutions parfois plus robustes. »

Ce documentaire audio nous ouvre également les portes de modes de vie différents, souvent méconnus et victimes d’idées reçues : comment sont réparties les tâches ? Comment sont gérés les conflits ? Quelle est la place de l’argent dans ces projets d’investissement à plusieurs ? Autant de questionnements qu’aborde frontalement Juliette Duquesne au fil de ses interviews. Un podcast qui donne envie de tout plaquer pour monter une communauté autogérée.

Reporterre est codiffuseur de cette saison 3 et vous offre à cette occasion les 10 épisodes de ce podcast (durée moyenne : 12 min).

1. La Bigotière, un habitat partagé solidaire et un havre de biodiversité

Retaper une vieille ferme pour y vivre à plusieurs et renoncer à une part de son salaire ? C’est le pari des habitants de La Bigotière, un habitat partagé construit dans un vieux hameau breton, entre Rennes et Saint-Malo. En 2012, les habitants ont acheté les murs et ont entièrement rénové l’ensemble sur leurs fonds propres, chacun mettant ce qu’il pouvait. Peu à peu, ils ont créé un écohameau, avec un potager vivrier et des animaux. Une oasis, où chacun a son chez-soi et où l’on partage beaucoup, y compris les tâches quotidiennes et les revenus des habitants.

Interview : Isabelle Hétier, habitante de La Bigotière
Lieu : Épiniac (Ille-et-Vilaine)

2. Longo Maï, une utopie concrète à l’épreuve du temps

Faire partie d’une communauté qui cultive la terre et élève des brebis, tout en rejetant la notion de salariat. Un doux rêve qui en fascine plus d’un, mais qui ne résiste pas toujours à l’épreuve du temps. Longo Maï (« Que ça dure longtemps » en provençal) prouve le contraire depuis cinquante ans. Juliette Duquesne nous immerge dans le quotidien d’une de ces communautés autogérées à Limans, près de Forcalquier.

Interview : Alex Robin, habitant de Longo Maï
Lieu : Limans (Alpes-de-Haute-Provence)

3. Notre-Dame-des-Landes, de la lutte à la création de communs

Loin des clichés sur les « zadistes », les habitants de l’ex-zad prennent soin, ensemble, de 1 650 hectares de terres vivrières et de forêt. Grâce à leur lutte, les habitants ont préservé un lieu de vie et expérimentent d’autres façons de vivre ensemble, loin du modèle dominant. Ils marchandent moins leurs gestes du quotidien et créent du commun sans passer par l’État. Pour certains, l’ancienne zad est aussi le point de départ d’une nouvelle vie, qui leur redonne du sens et une confiance en eux.

Interview : Grégoire Minday, habitant de l’ex-zad
Lieu : Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique)

4. Le zapatisme, un exemple d’autonomie abouti

En 1994, les zapatistes ont récupéré des terres au Chiapas et ils en prennent soin. Depuis, ils construisent leur autonomie en matière d’alimentation, de justice, de santé, d’éducation, etc. C’est l’un des mouvements qui va le plus loin dans la construction de l’autonomie, en respectant le vivant et en s’éloignant le plus de l’État et du capitalisme.

Interview : Julia Arnaud, fixeuse lors de l’enquête auprès des zapatistes
Lieu : Chiapas, Mexique

5. Le zapatisme, un mouvement vivant malgré de nombreux obstacles

Le gouvernement mexicain multiplie les différentes stratégies pour déstabiliser le Chiapas, avec une « guerre intégrale d’acharnement, d’usure ». Cela passe par les systèmes d’aide pour diviser, mais aussi par la présence des militaires, des paramilitaires et des cartels. Quelles sont les recettes du zapatisme pour perdurer ? Pour le savoir, Juliette Duquesne a eu le privilège de pénétrer dans un Caracole (centre régional) et d’interviewer des femmes de la Junta (gouvernement local).

Interview : Julia Arnaud
Lieu : Chiapas, Mexique

6. Accéder à la terre et la cultiver autrement, un enjeu essentiel de l’autonomie

La plupart des collectifs revendiquant l’autogestion et l’autonomie ont un point commun : le travail de la terre, à rebours de l’agriculture intensive. Mais accéder à la terre, surtout collectivement, relève souvent du parcours du combattant. Il faut parfois être accompagné par des structures, comme l’association Terre de liens, qui rachète des terres pour les louer à des agriculteurs aux pratiques agroécologiques. La chambre d’agriculture alternative du Pays basque accompagne aussi la moitié des fermes basques, en encourageant une politique agricole différente de celle des chambres officielles.

Interview : Francis Poineau, de la chambre d’agriculture alternative du Pays basque
Lieu : Ainiza Monjolose (Pyrénées-Atlantiques)

7. Comment s’émanciper du complexe agro-industriel

Le modèle agricole dominant a rendu les agriculteurs dépendants des pesticides et des semences industrielles, mais aussi des drones et des tracteurs toujours plus gros. Des structures aident ainsi les paysans à agir à contre-courant. C’est le cas de L’Atelier paysan, une société coopérative d’intérêt collectif qui soutient les agriculteurs dans la conception d’outils et dans la réparation de leurs équipements, pour davantage d’autonomie. Autre exemple pour échapper au modèle agroalimentaire dominant : la Sécurité sociale de l’alimentation, à Dieulefit.

Interview : Hugo Persillet de l’Atelier paysan
Lieux : Renage (Isère) et Dieulefit (Drôme)

8. Recréer une filière alimentaire locale : l’exemple de la Carline, une épicerie bio coopérative

Vendre des produits bio et locaux à des prix accessibles, tout en permettant aux paysans de vivre : c’est le défi que tente de relever chaque jour la Carline, un supermarché bio et coopératif, situé dans la ville de Die (Drôme) depuis plus de trente ans. Cette coopérative ne cesse de créer des innovations sociales. La dernière en date : racheter des terres agricoles afin d’installer des maraîchers qui vendent leurs fruits et légumes à la Carline.

Interview : Florent Dunoyer, directeur coopératif de la Carline
Lieu : Die (Drôme)

9. Loos-en-Gohelle, un îlot vert dans un raz de marée d’extrême droite

Cette ville de 6 900 habitants a commencé il y a près de vingt-cinq ans sa transition écologique. Dans cette commune, les citoyens votent en majorité extrême droite aux élections nationales. Mais aux scrutins locaux, on vote massivement écolo. Plusieurs ingrédients expliquent cette réussite : des décisions prises en concertation avec les citoyens et, surtout, la reconnaissance du passé minier de la ville.

Interview : Jean-François Caron, ancien maire de Loos-en-Gohelle
Lieu : Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais)

10. Dépoussiérer l’anarchisme : une piste éclairante pour un futur désirable

Grand perdant du capitalisme et du communisme, l’anarchisme dans le débat public est victime de nombreuses idées reçues. Comment l’anarchisme pourrait-il nous permettre de nous ancrer dans une continuité, d’explorer d’autres voies face à l’impasse et à l’urgence écologique, humaine et politique à laquelle nous sommes confrontés ?

Interview : Jean-Christophe Angaut, chercheur spécialiste de l’anarchisme

Un podcast disponible sur toutes les plateformes de diffusion : Deezer, Spotify, Apple, Podcast Addict, CastBox, Pocket Casts.

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