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ReportageForêts

Sur la côte basque, une forêt urbaine en danger

Le collectif de danse Minuit 12 a donné une représentation en défense de la forêt, le 20 avril.

700 personnes se sont rassemblées à Anglet, près de Biarritz, pour sauver une forêt de la destruction. Elle est menacée par un projet de technopole dédié à l’écoconstruction.

Anglet (Pyrénées-Atlantiques ), reportage

C’était l’invité surprise de la journée de défense de la forêt de Juzan du 20 avril. Claude Olive, le maire d’Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques, a pris le micro pour annoncer son intention de faire passer une vingtaine d’hectares de forêts, terres agricoles et friches en « zone inconstructible ». Lui qui avait déjà marqué son opposition à leur artificialisation a franchi une étape supplémentaire. Une bonne nouvelle pour les 700 personnes réunies ce jour-là par l’association de riverains Juzan vivant, soutenues par des associations écologistes comme Surfrider. Les habitants restent néanmoins mobilisés. L’édile Les Républicains parviendra-t-il à changer le Plan local d’urbanisme intercommunal lors du prochain vote ?

S’il réussit, c’en sera fini du projet d’agrandissement du campus de Montaury sur une superficie de 22 hectares. Ironie de l’histoire : ce chantier, qui vise à développer une technopole spécialisée dans la construction durable appelée Arkinova, affecterait une partie des bois ainsi que les terres d’un maraîcher, l’un des derniers de la ville.

Des zones humides se sont créées et jouent le rôle de zones tampons pour prévenir les inondations. © Chloé Rébillard / Reporterre

Dans le dossier de concertation préalable, la communauté d’agglomération du Pays basque (CAPB), porteuse du projet, indique que « le cœur du site est l’un des rares secteurs non bâtis d’ampleur, au sein de l’aire urbaine de Bayonne-Anglet-Biarritz », et constitue donc « un gisement foncier très stratégique ». Ce gisement, c’est « une forêt non gérée, riche en biodiversité et typique de l’étagement dans les climats tempérés avec des arbres hauts — beaucoup de châtaigniers —, d’autres plus bas. Ici on peut voir des petits aulnes, et un sol riche en humus et en bois mort », expliquent des naturalistes invités pour la journée. En plus des sorties à la découverte du biotope, des ateliers de grimpe dans les arbres étaient proposés par le Groupe national de surveillance des arbres (GNSA) ainsi que, point d’orgue du jour, une représentation du collectif de danse Minuit 12 au milieu des arbres.

Îlot de fraîcheur en milieu urbain

« Au Pays basque, il pleut beaucoup. Des zones humides se sont formées dans la forêt et sont de véritables ouvrages de retenue des eaux, explique Mahaut Fanchini, maîtresse de conférences à l’Université de Paris-Est Créteil, et qui est à l’origine de la pétition contre le projet d’extension de la ZAC Arkinova. Sans cela, les inondations vont se multiplier. Le lieu joue également un rôle d’îlot de fraîcheur dans un contexte de réchauffement climatique ».

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies pour redire leur opposition à ce projet d’artificialisation. © Chloé Rébillard / Reporterre

Soixante espèces protégées y ont trouvé refuge et offrent elles aussi des services aux populations urbaines, explique Charlotte Mulet, de l’association Bio Divers Cité : « Des espèces qui se nourrissent de moustiques sont présentes, comme les chauves-souris, des amphibiens, libellules ou encore des oiseaux insectivores. » Elles sont autant d’auxiliaires dans la lutte contre le moustique tigre.

Les habitants mobilisés pour la protection de la petite forêt de Juzan se préparent à d’autres combats : d’autres espaces boisés, qui subsistent sur une côte basque très artificialisée, sont menacés. « On va monter en puissance et demander la protection de tout le pourtour de l’aéroport de Biarritz où se trouvent 160 hectares de forêt, un véritable balcon vert que l’on veut préserver », conclut Mahaut Fanchini.

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