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Un incendie ravage en Allemagne un immense abattoir industriel de volailles

29 mars 2016 / par Violette Bonnebas (Reporterre)

Un gigantesque panache de fumée noire a recouvert lundi 28 mars la ville de Lohne, en Basse-Saxe. Un site de production du leader allemand de la volaille en batterie, Wiesenhof, s’est embrasé, mobilisant 400 pompiers toujours présents ce mardi matin.

- Berlin, correspondance

L’ampleur de l’incendie aurait pu laisser craindre le pire : le site emploie 1600 personnes et abat jusqu’à 370.000 volailles par jour. Mais en ce lundi 28 mars férié, seul un employé de l’abattoir présent sur les lieux et un pompier ont été légèrement blessés. “Aucun animal vivant n’a été touché”, d’après la chaîne de télévision régionale NDR.

L’inquiétude se porte désormais sur ces immenses dégagements de fumée de plusieurs dizaines de mètres de haut, dont témoignent les nombreuses photos et vidéos postées sur les réseaux sociaux :

Les autorités ont demandé aux 26.000 habitants de la commune de maintenir portes et fenêtres fermées, tant que les risques d’intoxication n’étaient pas formellement exclus. Les analyses étaient en cours hier soir. Samedi dernier, une fuite d’ammoniac, un gaz irritant et inflammable, avait déjà mené à l’évacuation d’un des bâtiments, sans faire de blessé.

Le site de Lohne devait devenir l’un des plus grands abattoirs du pays après avoir reçu il y a quelques semaines l’autorisation d’étendre sa production quotidienne à 432.000 animaux. De nombreuses organisations environnementales et de voisinage s’y étaient opposées, sans succès (voir lien en allemand).

Ce n’est pas la première fois qu’un tel fait divers se produit chez l’exploitant de cet abattoir Wiesenhof. En février 2015, un autre de ses abattoirs, en Bavière, avait lui aussi été la proie des flammes. A l’époque, plusieurs centaines d’employés avaient été mis au chômage technique pendant plus de six mois.

Wiesenhof est bien connu des Allemands, c’est même la star des rayonnages de supermarchés Outre-Rhin. La marque au logo bucolique appartient à PHW-Gruppe, troisième volailler européen, qui revendique un chiffre d’affaires annuel de presque 2,4 milliards d’euros.

Le logo de Wiesenhof : bucolique, mais trompeur

Sur l’ensemble de ses sites allemands, ce géant de l’agroalimentaire abat plus de six millions de volailles chaque semaine, et talonne les leaders que sont le groupe français Doux et le Néerlandais Plukon Food Group.

Wiesenhof a fait l’objet de nombreuses controverses ces dernières années. En 2007, l’entreprise était accusée d’exploiter dans ses abattoirs des travailleurs détachés venus d’Europe orientale, payés 3,50€ de l’heure. Trois ans plus tard, la télévision publique révélait une maltraitance généralisée dans l’élevage et l’abattage des volailles dans une usine voisine de celle qui a brûlé hier (lien en allemand). En 2013, les journalistes de Stern racontaient comment un sous-traitant de Wiesenhof jetait à la poubelle des poulets vivants, jugés trop faibles (lien en allemand).

Ces déboires n’ont pas pour autant ralenti la croissance de Wiesenhof et de sa maison-mère, qui profitent d’une hausse de la demande mondiale. Avec cet incendie, certains utilisateurs de Twitter n’ont pas manqué de souligner avec ironie que Wiesenhof savait aussi s’adapter à la demande de circuits courts, en offrant des volailles grillées directement sur leur lieu de production.



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Lire aussi : En Allemagne, les ferme-usines deviennent la règle, malgré une rentabilité incertaine

Source : Violette Bonnebas pour Reporterre

Photo :
. chapô : @Mai88tan

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