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En brefPesticides

Vomissements, migraines... Une entreprise française largue des pesticides dangereux dans des champs ivoiriens

Une bananeraie en Côte d'Ivoire, en 2016. (Photo d'illustration)

La scène filmée a quelque chose de terrifiant. Fin 2025, pendant plus de deux heures, un petit avion pouvant transporter jusqu’à 5 000 litres de liquide enchaîne les allers-retours au-dessus d’une bananeraie située à Tiassalé, en Côte d’Ivoire.

Une enquête de Mediapart, publiée le 9 février, révèle comment une filiale de la firme française la Compagnie fruitière, plus grosse exportatrice de bananes en Europe, pratique l’épandage aérien de pesticides dangereux. À tel point que 2 des 5 pesticides identifiés viennent d’être interdits dans les aliments entrant en France. Des salariés témoignent de migraines et de vertiges.

D’après les informations de Mediapart, cela se passe sur des parcelles appartenant à la SCB, la Société de culture bananière, une filiale de la Compagnie fruitière. Comme l’a confirmé la firme au journal, les produits utilisés sont le mancozèbe, le fenpropimorphe et le thiophanate-méthyle. Trois substances pourtant interdites dans l’Union européenne (UE) et dangereuses pour la santé : certaines sont classées comme « probablement cancérigènes », perturbateurs endocriniens, et sont toxiques pour l’appareil reproducteur ou nocives pour les fœtus.

« Les épandages se sont poursuivis plusieurs fois par semaine durant toute l’année 2025 », affirme Mediapart. Il n’est d’ailleurs pas rare que les travailleurs des bananeraies restent sur les parcelles durant les épandages. S’absenter représenterait un manque à gagner crucial pour eux : ils sont payés à la tâche à des tarifs dérisoires, soit 4 centimes d’euro par régime coupé.

Une école maternelle au milieu des champs

Des enfants sont aussi directement exposés, puisque la Compagnie fruitière a construit une école maternelle au milieu des champs, à Spadi, pour les enfants des cadres. De même que les habitants riverains qui font état de diarrhées et de vomissements récurrents.

La France a pourtant interdit début janvier l’importation d’une quarantaine de fruits, légumes et céréales, dont certains sont traités avec le mancozèbe et le thiophanate-méthyle, mais rien ne concerne à ce stade les bananes.

Ce n’est pas la première fois que la Compagnie fruitière est mise en cause. Le 9 décembre, les ONG Transparency International, ActionAid France et Intérêt à agir ont adressé une mise en demeure à la multinationale basée à Marseille. Après dix ans d’enquête, leurs conclusions révèlent de potentielles atteintes présumées aux droits humains et à l’environnement commises par sa filiale camerounaise, les Plantations du Haut-Penja (PHP).

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