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En bref — Santé

Ados dépressifs : la pollution de l’air pointée du doigt

Circulation (illustration).

Cancers, accidents vasculaire-cérébraux, problèmes de fertilité, vieillissement du cerveau, allergies, asthme, troubles cognitifs… La liste des conséquences néfastes de la pollution de l’air sur la santé est longue. De nouveaux maux pourraient être ajoutés à cette litanie, selon deux études scientifiques publiées en mars : la dépression et les maladies auto-immunes.

Dans la revue Developmental Psychology, le 14 mars, des chercheurs de l’Association américaine de psychologie ont mis en avant le lien entre l’exposition à l’ozone et l’apparition de symptômes dépressifs chez les adolescents. L’ozone est produit lors de la réaction de polluants industriels ou de composés des gaz d’échappement aux rayons du soleil. Les chercheurs ont mené leur étude sur 213 adolescents âgés de 9 à 13 ans vivant dans la région de San Francisco. Ceux qui vivaient dans les zones les plus polluées avaient davantage de chance de développer des symptômes dépressifs, tels qu’un sentiment persistant de tristesse ou de désespoir, des difficultés de concentrations, des troubles du sommeil ou des pensées suicidaires.

« Il est surprenant d’observer que les concentrations moyennes en ozone étaient assez faibles dans les communautés les plus exposées », a commenté l’une des autrices, Erika Manczak, dans un communiqué. Le niveau de pollution des quartiers dans lesquels vivent les adolescents les plus affectés est en effet inférieur aux recommandations de l’État. « Cela montre que même des niveaux faibles d’exposition à l’ozone peuvent avoir des effets néfastes », poursuit la chercheuse.

Lupus, maladie de Crohn : la pollution provoquerait aussi des maladies auto-immunes

Dans la revue médicale RMD Open, une équipe de chercheurs de l’université de Vérone suggère quant à elle qu’une exposition prolongée aux particules fines PM10 et PM2,5 [1] accroît le risque de contracter une maladie auto-immune. Celle-ci apparaît lorsqu’une anomalie du système immunitaire conduit ce dernier à « attaquer » l’organisme.

Les chercheurs ont mené cette étude sur 81 363 hommes et femmes italiens. Leurs résultats montrent que l’exposition chronique à la pollution de l’air est associée à un risque de développer une polyarthrite rhumatoïde (inflammation des articulations) 40 % plus élevé, une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (comme la maladie de Crohn) 20 % plus élevé, et une maladie du tissu conjonctif (comme le lupus) 15 % plus élevé.

Selon une étude publiée en avril dans la revue Environmental Research, un décès sur cinq dans le monde serait lié à la pollution de l’air. En France, 40 000 décès par an seraient attribuables à l’exposition des plus de 30 ans aux particules fines.

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