Climat : les États misent sur la séquestration du carbone plutôt que de sauver les forêts
Les États misent beaucoup trop sur d'irréalistes prévisions de séquestration terrestre du carbone, au lieu de s'attaquer au fond du problème : réduire leurs émissions de CO2 à la source en sortant des énergies fossiles. - © E.B / Reporterre
Les États misent beaucoup trop sur d'irréalistes prévisions de séquestration terrestre du carbone, au lieu de s'attaquer au fond du problème : réduire leurs émissions de CO2 à la source en sortant des énergies fossiles. - © E.B / Reporterre
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De la poudre aux yeux. Dans les plans climatiques nationaux publiés en amont de la COP30, où se négocie l’avenir de la lutte contre le changement climatique, les États misent beaucoup trop sur d’irréalistes prévisions de séquestration terrestre du carbone, au lieu de s’attaquer au fond du problème : réduire leurs émissions de CO2 à la source en sortant des énergies fossiles.
C’est ce que dénonce le rapport Land gap 2025 publié le 13 novembre. Une dizaine d’universités et d’ONG, sous la supervision de l’université australienne de Melbourne, ont analysé les engagements climatiques des États. Leurs promesses cumulées de séquestration du carbone, notamment en plantant des arbres, nécessiteraient la mobilisation de 1 milliard d’hectares — une superficie plus vaste que la Chine. Une illusion, entretenue par les gouvernements « tout en reportant à plus tard tout action climatique sérieuse », dénoncent les auteurs.
Une transformation économique radicale est nécessaire
Le comble : les États manquent dans le même temps fortement d’ambition pour préserver les forêts existantes de la déforestation et des dégradations. Les engagements actuels ne permettraient de réduire que partiellement la destruction de la forêt, qui se poursuivrait à un rythme de 20 millions d’hectares par an, alerte le rapport. Soit 4 millions d’hectares de déforestation et 16 millions d’hectares de dégradation des forêts, d’ici 2030. Loin de l’objectif de développement durable officiel d’éradiquer la déforestation à cette échéance.
Pour inverser la tendance et renforcer les ambitions nationales, le rapport estime qu’une transformation économique radicale est nécessaire. Des pressions de court terme pour réduire les dettes et attirer les investisseurs ainsi que les traités commerciaux encouragent les activités destructrices, estiment les auteurs.
À l’inverse, alléger les dettes des pays à faible et moyens revenus et favoriser la souveraineté alimentaire et la protection des écosystèmes dans les traités commerciaux agricoles permettrait de sortir de l’impasse. Réviser et démocratiser les politiques fiscales, nationales et internationales, permettrait également de dégager des centaines de milliards de dollars, qui s’évaporent aujourd’hui au profit d’entreprises destructrices.