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Édito — Politique

Hulotscope : l’écologie régresse, et c’est dangereux

L’indicateur élaboré par Reporterre pour évaluer la politique environnementale du gouvernement montre une tendance négative : les mauvaises mesures l’emportent sur les positives.

Reporterre l’avait accueilli amicalement : « Bonne chance, Nicolas Hulot » souhaitions-nous il y a un an. En l’avertissant : il ne faudrait pas céder sur Notre-Dame-des-Landes (pas d’aéroport, mais aussi pas d’occupation policière) ni sur le nucléaire et l’énergie.

Le ministre n’a pas entendu le conseil : il a avalisé voire encouragé (« Qu’ils dégagent ! », osait-il dire aux zadistes non paysans) la violente opération militaire contre la Zad. Et cédé sur le nucléaire, sans mettre le paquet sur les économies d’énergie. Le résultat est patent : un désaveu progressif des milieux écologistes, et surtout, une politique environnementale qui non seulement ne progresse pas, mais régresse, comme le constate le Hulotscope, l’outil élaboré par Reporterre pour évaluer factuellement les actions de ce gouvernement et de ce ministre en ce qui concerne l’écologie.

Le constat est d’autant plus affligeant que tous les indicateurs sur l’état de la biosphère sont au rouge vif : fonte accélérée de l’Antarctique, chutes vertigineuses des populations d’oiseaux communs et des insectes, poussée continue de l’artificialisation des terres, reprise de la déforestation en Amazonie, effet croissant de la pollution sur la santé — on pourrait continuer ainsi une liste interminable et atterrante. Mais face à cette dégradation continue du monde, les politiques dominantes — et particulièrement celle de M. Macron soutenu par M. Hulot — restent orientées vers l’augmentation de la production matérielle et le maintien d’inégalités sociales de plus en plus criantes, c’est-à-dire les causes mêmes de la dégradation de la biosphère.

On pourrait revenir aux analyses pertinentes de Fabrice Nicolino, qui soulignait que face aux lobbies, M. Hulot devrait se battre comme un chien. Ou de Jean-Baptiste Comby, qui montrait que les bons sentiments pèsent peu devant le dogme néolibéral. Mais notre propos et l’urgence ne sont pas aujourd’hui d’analyser. Mais d’établir factuellement ce qui se passe. C’est ce que nous voulons faire avec le Hulotscope qui, régulièrement actualisé, fera le bilan des avancées et des progrès.

Il nous importe peu que M. Hulot démissionne ou pas. L’enjeu, c’est l’état de l’écologie dans ce pays, la détermination à changer les choses, à faire reculer la destruction. Pour l’heure, les indicateurs vont dans le mauvais sens. Et il est probable que M. Hulot nuise puisque, bénéficiant encore d’une image d’écologiste sincère, il sert d’alibi à une politique anti-environnementale.

L’essentiel est ailleurs : l’écologie régresse, et c’est dangereux.

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