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Incendies

Incendie en Gironde : « Importante reprise de feu » à Lège-Cap-Ferret

Un pompier intervient sur une reprise de feu, le 27 juillet 2026 en Gironde.

L’incendie qui ravage la Gironde depuis près d’une semaine est sous contrôle, mardi 28 juillet, mais les pompiers guettent le retour de la canicule, qui pourrait jouer en leur défaveur. Suivez notre direct.

Le mégafeu qui frappe la Gironde est « stabilisé », ce mardi matin, après avoir ravagé 42 000 hectares de forêt, mais la situation reste « imprévisible » en raison des conditions météo. Les incendies dans le Var et les Hautes-Alpes sont également « circonscrit » et « fixé », mais celui de Corse se poursuit, selon les préfectures.



[18 h 00] Merci d’avoir suivi ce direct consacré aux incendies en Gironde. Nous serons de retour demain et toute la semaine avec des articles sur le modèle forestier des Landes, ou encore les conséquences des feux pour les animaux non-humains. En attendant, n’hésitez pas à nous poser vos questions à planete@reporterre.net ou sur les réseaux sociaux.



[17 h 45] « Dérèglement climatique » : des mots tabous chez les dirigeants politiques ?

Reporterre a passé en revue les réactions des responsables politiques face aux incendies. Chacun exprime sa « solidarité » envers les personnes victimes de feux et salue « le courage » des sapeurs-pompiers. Ils ne sont qu’une poignée, en revanche, à choisir de rappeler le lien direct entre ces drames et le dérèglement climatique. La référence est absente des messages de Yaël Braun-Pivet, Bruno Retailleau, Gabriel Attal, Xavier Bertrand et Marine Le Pen.

Édouard Philippe se mouille un peu plus que ses concurrents à droite, en affirmant qu’il faut « tirer toutes les conséquences de ces incendies » en renforçant les moyens de lutte contre les flammes. Le 24 juillet, Jordan Bardella a quant à lui posté un message dans lequel il s’adresse en priorité aux « vacanciers », avant de saluer le travail des pompiers.

Parmi les candidats déclarés à la prochaine présidentielle, nous dénombrons cinq exceptions. Raphaël Glucksmann, qui implore de « sortir du déni climatique » ; Marine Tondelier, pour qui « les incendies sont politiques », ainsi que Jean-Luc Mélenchon, Olivier Faure et Fabien Roussel. Le leader communiste demande une « révolution écologique et sociale. Et vite ! »



[16 h 45] Les images satellite des dégâts
Ces images satellite fournies par l’observatoire européen Copernicus font apparaître l’évolution de l’indice d’humidité en Gironde et dans les Landes entre le 21 et le 26 juillet 2026. En rouge, apparaissent les zones parcourues par les flammes où les traces d’humidité ont disparu.



[16 h 30] Revenir deux siècles en arrière ?

Le massif de pins des Landes de Gascogne « a été planté aux XVIIIe et XIXe siècles dans une vaste zone humide qui a dû être drainée pour cela, d’abord avec des bêches, puis de nos jours avec des pelleteuses », rappelle l’écologue et spécialiste des forêts Rémi Petit sur LinkedIn.

Cette carte réalisée en 1790 montre l’étendue de la zone humide, transformée depuis Napoléon en vastes plantations de pins. Avant cela, « le plateau était caractérisé par des landes très humides, avec des secteurs où la nappe affleurait », écrit Rémi Petit dans un second message.

Selon le chercheur, il faut désormais « commencer à dédrainer », notamment en ralentissant l’eau pour créer des « paysages éponges », « ce qu’essaye d’encourager le Parc naturel des Landes de Gascogne, sans être trop soutenu jusqu’ici. »



[15 h 45] Pour les animaux, la grande inquiétude
Voici une question reçue de la part de Marianne, sur la boite planete@reporterre.net :

« Suite aux mégafeux, savez-vous comment a été gérée l’évacuation des animaux, de compagnie, d’élevage et surtout ceux d’élevage intensif...? J’ai peur de la réponse...!

Grand merci et bon courage »

C’est un sujet de préoccupation majeure, que vous êtes nombreuses et nombreux à nous adresser. Lors des feux de forêt, les animaux de compagnie, d’élevage ou sauvages ne sont secourus qu’au cas par cas, selon les initiatives individuelles, dont nous trouvons de nombreux témoignages sur les réseaux sociaux.

Dans un communiqué publié lundi, le Parti animaliste a dénoncé cette absence de prise en compte dans les plans d’organisation des secours, dits « Orsec » : « Ces catastrophes rappellent que les animaux restent largement absents des politiques publiques de prévention et de gestion des crises. » Le parti demande notamment « l’élaboration de plans locaux d’évacuation et de secours pour les animaux domestiques, d’élevage et sauvages » et un moratoire sur la chasse dans les zones sinistrées. Une pétition en ce sens a d’ailleurs récolté plus de 200 000 signatures ce mardi.

À Fontainebleau, l’Association naturaliste de la vallée de Loing va devoir réaliser un inventaire pour estimer l’inestimable perte. Elle s’inquiète notamment du sort des animaux qui n’ont pas pu fuir, comme les reptiles et les insectes.

Au centre de sauvetage des animaux sauvages de Maisons-Alfort (Val-de-Marne). © Mathieu Génon / Reporterre

« Même si les animaux ont réussi à s’échapper, la question des ressources disponibles va se poser, alors que la sécheresse sévit partout », s’inquiétait Béatrice Venard, du collectif Biodiversité Diois, dans ce reportage consacré aux feux dans la Drôme, le 21 juillet.

Il faut également rappeler que les centres de soins pour la faune sauvage font déjà face à « un afflux massif d’animaux en détresse » en raison des canicules à répétition. Ces structures associatives, tenues par des bénévoles, qui recueillent, soignent et relâchent les animaux blessés, sont nombreuses à avoir coupé leur ligne téléphonique ou cessé temporairement l’accueil de certaines espèces en raison de l’explosion des besoins.

Lire aussi : « Je craque » : le désarroi des soignants face à l’afflux d’animaux sonnés par la chaleur


[15 h 16] « Importante reprise de feu » à Lège-Cap-Ferret

La ville de Lège-Cap-Ferret a fait état, mardi à la mi-journée, d’une « importante reprise de feu », dans le secteur du Grand Crohot. « L’ordre d’évacuation est toujours en vigueur » et « le retour des habitants n’est toujours pas autorisé », écrit la commune sur sa page Facebook.

Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu’à 35 °C dans les terres mardi, accompagnée d’un vent orienté au sud-est et de brises océaniques qui pourraient attiser à nouveau le brasier.



[15 h 00] La France est loin du milliard d’arbres replantés

Emmanuel Macron avait promis de planter un milliard d’arbres d’ici à 2032. Pour le moment, seuls 90,3 millions ont été plantés, selon les chiffres du Secrétariat général à la planification écologique (SGPE). Ce sont 75 millions d’hectares qui ont bénéficié d’aides au renouvellement depuis 2021, pour une cible de 300 millions d’hectares d’ici à 2030.

Cette politique est d’ailleurs vivement contestée par les défenseurs d’une sylviculture raisonnée et de la biodiversité forestière, qui préconisent plutôt la régénération spontanée, avec le maintien du bois mort sur place, pour nourrir le sol.

Quitte à replanter, il faudrait investir « au moins 8 000 à 10 000 euros par hectare pour replanter du chêne et autres feuillus », estime Sylvain Angerand, directeur de l’association Canopée, interrogé par Reporterre le 22 juillet après l’incendie de Fontainebleau. Avec un total de 115 000 hectares détruits par les flammes en 2026, il faudrait plus d’un milliard d’euros pour tout replanter de manière durable.



[14 h 15] Priorité aux sites militaires

Tout un symbole : Le Monde relate ce mercredi comment des moyens considérables ont été engagés pour protéger des sites militaires sensibles, en Gironde. Des entrepreneurs ont été réquisitionnés et sommés de venir avec leur matériel : bulldozers, tracteurs forestiers, grues... « Pendant la nuit, nous avons engagé des travaux de terrassement et de génie autour d’un certain nombre de sites sensibles pour créer des pare-feu », expliquait la préfète de Gironde, Sophie Brocas, samedi, alors que les ordres d’évacuations commençaient à pleuvoir.

La région héberge de nombreux autres sites militaires : centre de développement des missiles nucléaires d’ArianeGroup, site d’essai du Rafale de Dassault, zone de tests de la Direction générale de l’armement...



[13 h 34] La forêt des Landes, un modèle à bout de souffle

Les incendies géants de 2022 et de 2026 le montrent : la forêt des Landes est particulièrement vulnérable au réchauffement climatique. Son mode de gestion industriel, basé sur les coupes rases et la monoculture de pins maritimes — une essence très inflammable — n’est pourtant jamais remis en cause.

À chaque crise, la forêt est replantée à l’identique, faisant fi des fragilités. La faute à un modèle économique vieux de plusieurs décennies, orienté vers la transformation du bois des forêts landaises en papier et en cagettes. Ce modèle nécessite des arbres jeunes. La production de bois d’œuvre, à l’inverse, permettrait de conserver des arbres plus vieux, donc plus résistants.

Quelques forestiers tentent de montrer qu’une autre voie est possible en diversifiant la forêt. Mais ils restent minoritaires, racontait Chloé Rébillard dans ce reportage publié le 7 mars.



[12 h 20] À La Poste, les évacués sont mis en « congés d’office », dénonce la CGT

Le syndicat CGT de La Poste en Gironde a dénoncé dans un communiqué, lundi, le choix de la direction de retirer des jours de congés aux salariés contraints de s’absenter après avoir été évacués de leur logement à cause des incendies.

« Après avoir été chassés de chez eux par les flammes, ces agents doivent encore payer personnellement les conséquences de la catastrophe », dénonce le syndicat, qui réclame des « autorisations spéciales d’absence » afin de ne pas entamer le stock de congés payés. Un préavis de grève illimitée a été déposé en Gironde et dans les Landes, ainsi qu’un droit d’alerte pour « danger grave et imminent » en raison de l’exposition des facteurs à la pollution de l’air. Ces derniers n’ont pas cessé leurs tournées dans les départements ayant dépassé le seuil d’alerte de la qualité de l’air.

Contacté par Reporterre, le groupe La Poste affirme que « la sécurité et la santé des collaborateurs est une priorité » et qu’il fournit des masques FFP2 aux « postiers vulnérables, sur indication du médecin du travail ». Quant aux salariés évacués, l’entreprise dit rechercher « plusieurs solutions, comme le télétravail ou une affectation sur un autre site adapté » et « maintient la rémunération des postiers concernés ».



[11 h 58] La ministre minimise les risques respiratoires

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, s’est voulue rassurante, ce mardi matin sur France Inter. Au point de tordre la réalité ? À propos du risque pour la santé engendré par les fumées émanant des mégafeux, la ministre répète les consignes de sécurité et précise : « L’avantage, c’est que c’est quelque chose que l’on sent ou que l’on voit. Si vous sentez le brûlé ou si vous voyez un gros nuage de fumée, si vous avez des fragilités, il vaut mieux mettre un masque FFP2, que vous pouvez trouver dans les pharmacies ».

Sauf que le monoxyde de carbone, qui fait partie des gaz émis, « ne se voit pas et ne sent rien », comme on peut le lire dans une plaquette... du ministère de la Santé. Les masques FFP2, que les Français ont découverts lors de la crise sanitaire du Covid-19, ne font pas barrière aux émanations de gaz tels que le monoxyde de carbone, contrairement aux masques à gaz.



[10 h 15] Un exode jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale

Les autorités ordonnent l’évacuation préventive des campings de Lacanau, « en raison des conditions météorologiques (canicule) et pour faciliter les opérations de secours », annonce la ville de Lacanau sur Facebook. « À cette heure, l’évacuation du reste de la population n’est pas envisagée », poursuit la municipalité, qui annonce l’évacuation de 4 000 touristes.

La commune de Lacanau, dont les campings ont été évacués préventivement. OpenStreetMap.

Avec plus de 220 000 personnes évacuées dans le Sud-Ouest, soit l’équivalent de la ville de Lille ou de Rennes, la France a enregistré ce weekend son plus important déplacement de population depuis 1940.



[10 h 00] Les urgences de Bordeaux observent de nombreuses pathologies respiratoires

Depuis plusieurs jours, les urgences de Bordeaux voient arriver des patients, et la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, invitée sur France Inter ce matin, a fait état d’une augmentation de 50 % des appels au Samu dans le secteur. Les incendies provoquent une concentration très élevée en particules fines, suffisamment petites pour pénétrer dans les voies respiratoires, provoquer des irritations et aggraver des maladies respiratoires. Elles peuvent rester en suspension pendant plusieurs jours.

La qualité de l’air en Nouvelle-Aquitaine, mardi 28 juillet. © atmo-nouvelleaquitaine.org

« C’est comme si on était au-dessus d’un barbecue géant pendant plusieurs heures consécutives, dans toute la Gironde, voire au-delà, dans les Landes », alerte Maéva Zysman, pneumologue au CHU de Bordeaux. Notre journaliste Rozenn Le Saint revient sur cette situation.



De nos archives : « Nous vivons dans le Pyrocène »

Dans cet entretien avec Reporterre publié en 2025, la philosophe Joëlle Zask explique les raisons pour lesquelles elle considère que nous vivons aujourd’hui dans le « Pyrocène », « l’ère du feu », marquée par le déchaînement de mégafeux d’une intensité telle qu’ils génèrent leur propre climat, comme c’est le cas en Gironde.

L’autrice de Quand la forêt brûle (Premier parallèle, 2019) appelle à repenser notre approche du feu. D’abord en politisant ces catastrophes, dues à nos émissions de gaz à effet de serre. Mais aussi en misant davantage sur la prévention, via par exemple le débroussaillage, la plantation de plantes retardatrices, l’éloignement de la végétation des habitations… « Les animaux ont aussi un rôle à jouer. On dit souvent qu’il y a trop de chevreuils, de sangliers, et qu’il faudrait les tuer. Alors qu’ils éclaircissent considérablement les forêts ! »

Il nous faut également repenser les essences que l’on plante : certaines, comme les pins implantés massivement dans les Landes à partir du XIXe siècle, sont aussi inflammables qu’« une boîte d’allumettes ».

Lire aussi : La Gironde face aux incendies : ceux qui restent, ceux qui fuient, ceux qui ont tout perdu

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