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JO d’hiver 2030 : la candidature de la France est « un contre-sens »

Les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes ont présenté une candidature commune. Ici aux JO d'hiver de Pékin (Chine) en 2022.

Les Jeux olympiques (JO) et paralympiques d’hiver 2030 auront-ils lieu en France ? Les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, via leurs présidents — Renaud Muselier et Laurent Wauquiez — ont défendu ardemment leur candidature commune.

Le 21 novembre, ils ont passé leur premier oral devant la commission du Comité international olympique (CIO), une étape cruciale dans la course à l’organisation des Jeux olympiques. « On a plié le match tout de suite, s’est vanté Renaud Muselier. On a livré une présentation fluide, technique et enthousiaste, conforme au dossier écrit qui était bon. On n’a pas commis de faute. Nous portons une vision de développement de nos Alpes autour de la neige et des chalets. »

La France est en compétition avec d’autres pays, notamment la Suisse et la ville de Zurich, et la Suède avec sa capitale Stockholm. Une première sélection des dossiers sera officialisée le 29 novembre. Une phase de dialogue débutera ensuite, pour aboutir au choix définitif à l’été 2024.

La France propose des JO alpins qui se veulent, dit-elle, « responsables et sobres », avec un budget initial évalué à 1,5 milliard d’euros. Elle prévoit la construction d’une patinoire à Nice, dans la plaine du Var, où se disputeraient les épreuves sur glace. Ce pôle accueillerait les épreuves de ski cross et snowboard à Isola 2000. Nice hébergerait aussi la cérémonie de clôture. Dans le Briançonnais, le snowboard et le ski freestyle sont attendus. La région Auvergne-Rhône-Alpes accueillerait la cérémonie d’ouverture et deux pôles, en Savoie et Haute-Savoie au Grand-Bornand.

« On vend du rêve en faisant du ski dans un monde qui fond »

Ce projet a provoqué l’ire des écologistes. Pour rappel, en 2022, c’est au Grand-Bornand que la neige avait dû être acheminée par camions pour une étape de la Coupe du monde de biathlon. Dans un communiqué, le collectif No JO a rappelé qu’« en 2050, la totalité des glaciers alpins situés en dessous de 3 400 m d’altitude aura disparu. Les glaciers s’écroulent, les éboulements rocheux se multiplient, les refuges de haute montagne ferment les uns après les autres, mais on nous affirme qu’on pourra toujours faire du ski et qu’on doit continuer à faire du ski ».

Sur France Bleu, la présidente de Mountain Wilderness, Fiona Mille, a dénoncé « un contre-sens » : « On vend du rêve en faisant du ski dans un monde qui fond et alors que des stations ferment. » Les opposants affirment qu’« il est encore temps de faire marche arrière et de ne pas foncer tête baissée dans cette candidature digne d’un autre temps, digne d’autres pays, digne d’un monde dont nous ne voulons plus. Il est temps d’aller moins vite, moins haut moins fort ». Pas sûr qu’ils soient entendus.

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