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Ouvrières du textile exploitées : des associations affichent leurs témoignages dans le centre de Paris

La nuit du 27 novembre 2025, une coalition qui réunit une dizaine d’associations a projeté sur un mur du centre de Paris les visages et les paroles d’ouvrières du textile exploitées.

« Je suis exposée à des produits toxiques » ; « Je suis payée entre 0,06 et 0,27 euros par vêtement » ; « J’ai commencé à travailler à 12 ans »… Dans la nuit du 27 novembre, veille du Black Friday, la coalition Stop Fast Fashion a mené une action symbolique afin de mettre en lumière la « réalité invisible » des ouvrières du textile.

Cette coalition, qui réunit une dizaine d’associations (les Amis de la Terre, Zero Waste, Halte à l’obsolescence programmée…) a projeté sur un mur du centre de Paris les visages et les paroles d’ouvrières du textile exploitées. L’action a eu lieu à quelques pas du BHV Marais, grand magasin venant tout juste d’ouvrir le premier « corner » physique de Shein sur le territoire. Régulièrement épinglée pour ses mauvaises conditions de travail et la présence de molécules toxiques dans ses produits, la marque chinoise est devenue un emblème de la fast-fashion et de ses dérives.

L’action a eu lieu à quelques pas du BHV Marais, grand magasin parisien venant tout juste d’ouvrir le premier point de vente physique de Shein sur le territoire. © NnoMan Cadoret/Reporterre

Les phrases projetées dans Paris par la coalition sont issues de témoignages d’ouvrières du textile recueillis par les associations. Dans le monde, 80 % des travailleurs du textile sont des femmes. Pour nous approvisionner en tops, pulls et jeans à bas coût, elles travaillent parfois pendant plus de quinze heures par jour, dans des conditions sanitaires et économiques déplorables. Nombre d’entre elles sont exposées quotidiennement à des produits toxiques.

Lire aussi : Pourquoi la loi contre la fast-fashion a pris (beaucoup) de retard

À l’échelle mondiale, l’industrie textile est responsable de près de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Elle produit chaque année une quantité monstrueuse de déchets textiles : 92 millions de tonnes. Près de 90 % des vêtements ne sont pas recyclables.

Cette action a été menée à un moment politique « décisif », soulignent les associations. La loi anti-fast-fashion, qui vise à réguler le secteur et dont le parcours parlementaire a commencé début 2024, se heurte à de vives réserves de la Commission européenne. Les associations craignent qu’elle soit affaiblie. En ne se focalisant plus que sur Shein, elle épargnerait ainsi les marques de fast-fashion européennes. Ces dernières sont pourtant tout aussi responsables « de la délocalisation massive, de la chute de qualité et de l’explosion des déchets textiles », insiste la coalition.

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