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Avion repeint en vert : les militants de Greenpeace condamnés

Neuf activistes de l’ONG Greenpeace France s'étaient introduits au sein de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle (Val-d’Oise) en 2021.

Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné, le 22 février, neuf militants Greenpeace qui avaient repeint un avion en vert sur le tarmac de l’aéroport de Roissy le 5 mars 2021. Ils voulaient alors dénoncer le greenwashing et les effets climaticides de l’aviation.

Les juges ont prononcé des amendes de 700 euros pour les activistes sans antécédent judiciaire et entre 80 et 120 jours amendes à 10 euros pour ceux ayant déjà été condamnés pour des actions de désobéissance civile (soit jusqu’à 1 200 euros en tout).

Lors du procès, les militants avaient plaidé la liberté d’expression et la légitimité d’utiliser la désobéissance civile non violente pour alerter sur l’urgence climatique et les fausses promesses de l’avion vert.

Menace de prison ferme

« Quand l’État est condamné pour inaction climatique et que cela ne change absolument rien, quand les rapports dénonçant l’insuffisance de son action s’accumulent, ce type de désobéissance civile est légitime pour dénoncer le greenwashing et alimenter le débat public. À travers Aéroport de Paris et Air France, c’est l’État, premier actionnaire, qui est visé. Condamner cette action serait de l’ingérence politique », avait notamment argumenté l’avocate.

Cela n’a pas convaincu le tribunal, qui a suivi dans ses condamnations les montants d’amendes requis par le procureur. Les juges ont prononcé également une peine d’interdiction de paraître aux aéroports Roissy Charles de Gaulle et Le Bourget pendant trois ans sous peine de six mois d’emprisonnement ferme.

« Les juges ont balayé la défense des militants et de l’association sur la liberté d’expression et l’état de nécessité, témoignant d’un refus judiciaire de s’adapter au contexte d’urgence climatique lorsque des prévenus agissent pour l’intérêt général, a réagi dans un communiqué Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. « Priv[er] de facto des militants de leur liberté de circuler » est un « très mauvais signal ». « Cette condamnation qui prend la forme d’une menace de prison ferme s’inscrit dans la ligne répressive des préfectures de police et du ministère de l’Intérieur contre les militants écologistes. »

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