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Notre appétit pour le saumon d’élevage affame des populations littorales dans le monde

En France, de nombreux collectifs écologistes luttent contre l’implantation de fermes salmonicoles.

Encore une raison pour bouder le poisson rose. Mercredi 16 octobre, une étude publiée dans Science Advances montre comment notre appétit croissant pour le saumon d’élevage affame les communautés littorales à travers la planète.

Il est très difficile de savoir ce que mange le saumon d’élevage, notamment celui vendu en France, faute de communication de la part des élevages. Les chercheurs ont donc mené une enquête approfondie sur le sujet.

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En résumé, ils ont montré comment l’industrie aquacole — pour nourrir ces poissons d’élevage, carnivores — pêche en masse des petits poissons pélagiques, comme les sardines et les anchois, qui sont ensuite transformés et « réduits » en farine et en huile de poisson.

Cette industrie, que les auteurs nomment « pêcherie de réduction » représenterait 26 % des captures mondiales dans les océans. Autrement dit, le volume de poissons qui finissent en poudre ou en huile correspond à un quart de la totalité des pêches de capture marines. Or ces petits poissons représentent bien souvent la base de l’alimentation pour certaines communautés côtières, en Afrique ou en Amérique du Sud.

« L’industrie du saumon est un système de réduction de la nourriture »

« L’industrie du saumon n’est pas un système de production alimentaire, c’est un système de réduction de la nourriture. Elle profite aux quelques personnes qui peuvent se le permettre, mais réduit l’accès au poisson nutritif pour ceux qui en ont le plus besoin », a déclaré Kathryn Matthews , l’une des autrices. Parmi les scientifiques à l’origine de cette étude, on trouve plusieurs sommités du domaine, comme Daniel Pauly, mais également des chercheurs de l’ONG Oceana.

Les auteurs rappellent que le changement climatique a de surcroit un effet sur les populations de poissons dans le monde entier, y compris sur la principale source de farine et d’huile de poisson, l’anchois du Pérou. Cette espèce, quand les eaux deviennent plus chaudes, contient moins d’huile de poisson. Il y a donc urgence à bifurquer.

En France, de nombreux collectifs écologistes luttent contre l’implantation de fermes salmonicoles, notamment en Gironde et dans le nord.

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