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Animaux

Pas de dérogation pour la chasse aux oies en février

Bonne nouvelle pour les oiseaux migrateurs. Dans un courrier adressé vendredi 29 janvier 2021 au président de la Fédération nationale des chasseurs Willy Schraen, la secrétaire d’État Bérangère Abba refuse de prolonger d’un mois la chasse des oies cendrées au-delà du 31 janvier. Motif : « il ne serait pas possible pour l’instant de construire un modèle réaliste et robuste pour l’oie cendrée, ni de définir des quotas de prélèvement par pays. Les données disponibles concernant la population, mais aussi et surtout les prélèvements réalisés, ne le permettent pas ».

Ce n’est pas la première fois que les chasseurs réclament cette dérogation. Certains prédécesseurs de Mme Abba se sont d’ailleurs montrés attentifs à cette demande. En janvier 2017, Ségolène Royal, alors ministre de l’Environnement, annonçait que les oies pourraient être chassées dix jours après la fermeture de la chasse le 31 janvier. En 2015, elle avait déjà envoyé un courrier aux préfets et au directeur général de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) dans lequel elle demandait à ce que la verbalisation des chasseurs d’oies ne prenne effet qu’à compter du 9 février. En janvier 2019, dans un entretien accordé à Reporterre, François de Rugy promettait un système de gestion adaptative des espèces pouvant aboutir, selon lui, à une autorisation de la chasse à l’oie en février.

Depuis plus de dix ans, le Conseil d’État, systématiquement saisi par la Ligue de protection des oiseaux (LPO), casse toutes les dérogations ministérielles visant à autoriser la chasse à l’oie après le 31 janvier. « La LPO a gagné dix fois devant le Conseil d’État contre toutes les tentatives d’allongement de la chasse [aux oies] », rappelait Allain Bougrain Dubourg dans une tribune publiée sur Reporterre en janvier 2019. En juillet 2020, la Commission européenne avait adressé un avis à la France pour qu’elle prenne des mesures contre certaines pratiques illégales de chasse et de capture d’oiseaux, parmi lesquelles le prolongement de la chasse aux oies sauvages au mois de février pendant leur période de migration printanière. Cet avis motivé de la Commission européenne fait suite à une première lettre de mise en demeure envoyée à la France en juillet 2019, sans qu’aucune mesure n’ait été prise pour se mettre en conformité avec le droit européen. La chasse à l’oie en février est en effet interdite par la directive européenne 2009/147, dite « directive oiseaux », qui vise à protéger toutes les espèces d’oiseaux naturellement présentes à l’état sauvage dans l’Union européenne.

Avant de recevoir la fin de non-recevoir de Mme Abba, M. Schraen se plaignait déjà de l’attitude de la secrétaire d’État dans un message adressé aux chasseurs de gibier d’eau publié sur le site de la fédération : « Je me dois de vous dire également quelques mots sur la chasse des oies en février, que certains d’entre vous attendent depuis de nombreuses années. Cette fois-ci les choses seront plus qu’expéditives, puisque nous sommes le 29 janvier et que notre Ministre de tutelle n’a pas répondu à mon courrier de demande de dérogation pour pratiquer cette chasse en février. Ce n’est pas une surprise car, connaissant son idéologie personnelle sur la question chasse, une autre issue aurait tenu du miracle. Tant d’efforts déployés pour un tel résultat et pourtant cette légitime demande est pleine de bon sens. »

  • Source : Reporterre
  • Photo : oies en vol : Wikipedia (MichaelMaggs/CC BY-SA 3.0)

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