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Plusieurs abattoirs sont des foyers épidémiques du Covid-19

Les cas de coronavirus se multiplient parmi les employés des abattoirs. Le 10 mai, l’Agence régionale de santé (ARS) Pays-de-la-Loire a annoncé que 20 salariés d’une usine d’abattage de volaille en Vendée avaient été testés positifs au Covid-19. Ce week-end, c’était au tour des ARS Bretagne et Centre-Val-de-Loire de signaler respectivement 69 cas dans un abattoir des Côtes-d’Armor et 34 cas dans un site du Loiret.

À l’étranger, 109 cas ont été recensés dans un abattoir du Länder du Schleswig-Holstein en Allemagne. Au Canada, plusieurs alertes ont été données. Aux États-Unis, l’intersyndicale AFL-CIO a fait état de 10.000 cas d’infections sur plus d’une centaine de sites.

D’après Libération, plusieurs raisons — sociales et économiques — expliquent ce phénomène : les abattoirs font partie des sites où l’activité professionnelle ne s’est pas interrompue durant l’épidémie, y compris dans les pays qui ont ordonné un confinement. Les employés, toujours aussi nombreux, se retrouvent dans les espaces communs, comme les vestiaires, parfois exigus.

La survenue du cas dans les abattoirs pourrait donc être symptomatique du risque d’infection dans des sites du secteur secondaire peu automatisés (qui nécessitent une importante main-d’œuvre) et dont l’activité se poursuit en période de crise. Cette hypothèse est notamment celle avancée par le directeur de l’ARS Centre-Val-de-Loire, Laurent Habert, à la suite de la présentation des cas dans le Loiret.

D’après le syndicat allemand NGG, la précarité des employés « dont la plupart viennent d’Europe de l’Est, travaillent dans le cadre de contrats avec des sous-traitants parfois douteux, et doivent souvent vivre dans des logements de masse » pourrait aussi jouer dans le fort taux de contamination.

D’après la Confédération paysanne, « ces immenses usines imposent des cadences de travail infernales, au détriment du bien-être de leurs salarié.e.s et des animaux. De par leurs tailles, leurs rythmes et l’importante concentration d’animaux et d’humains, celles-ci se montrent également incompatibles avec le respect des mesures sanitaires du Covid-19 ». Pour le syndicat agricole, « il est urgent de réformer » le secteur, en « [redéployant] des outils d’abattage dans les territoires. Ces abattoirs, qu’ils soient locaux ou mobiles, sont et seront indispensables à la pérennité des activités d’élevage, respectueux des travailleur.euse.s. et source de dynamisme dans les campagnes ».

  • Source : Reporterre

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