Trafic d’anguilles : 17 personnes condamnées à Bordeaux
Environ 818 000 civelles ont été découverts dans quatre bassins d’oxygénation le 9 février 2023, dans le Val-de-Marne. - © Douane France
Environ 818 000 civelles ont été découverts dans quatre bassins d’oxygénation le 9 février 2023, dans le Val-de-Marne. - © Douane France
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Une tonne de civelles ont fait l’objet d’un trafic international entre mars et mai 2019. Le butin estimé dépasse le million d’euros. Le 4 mai, le tribunal correctionnel de Bordeaux a reconnu dix-sept personnes coupables d’avoir participé à ce trafic d’espèces menacées entre le Portugal, la France, la Chine ou encore le Vietnam.
Les auteurs de ce braconnage devront verser 552 000 euros de dommages et intérêts aux parties civiles, dont 450 000 au titre du préjudice écologique. Les deux personnes têtes de réseaux ont été condamnées à 2 et 4 ans de prison avec mandat de dépôt.
1 500 à 4 000 euros le kg
Contre 1 000 euros par voyage, les « mules » avaient pour mission de transporter les civelles (les alevins d’anguilles) de la France vers l’Asie, où chaque kilo se monnaie entre 1 500 et 4 000 euros. De quoi aiguiser les appétits. L’affaire jugée à Bordeaux n’est d’ailleurs qu’un exemple parmi d’autres. Reporterre racontait dans un article publié en novembre 2025 les détails d’une autre enquête, conduite de 2023 à 2025 par les douanes et la justice française.
La France fait figure de plaque tournante dans ce type de crime environnemental. Chaque année, des millions d’alevins sont pêchés illégalement dans nos cours d’eau.
« Ce trafic est l’une des causes qui menacent tout simplement la survie de l’espèce, avec la pêche légale, les obstacles dans les cours d’eau et les polluants. Il est donc assez critiquable que les prévenus se dédouanent en invoquant qu’il ne s’agit pas de trafic de stupéfiants », a déclaré Anne Roques, juriste à France Nature Environnement (FNE), association qui s’était portée partie civile. Les populations de ce poisson se sont effondrées de 75 % en seulement trente ans. L’espèce est considérée en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).