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Yannick Jadot vise les sympathisants de Nicolas Hulot

8 novembre 2016 / par Barnabé Binctin (Reporterre)



Yannick Jadot sera le candidat du parti écologiste à l’élection présidentielle. Premier objectif : réunir les 500 signatures d’élus nécessaires. L’axe de la campagne : un « récit enthousiasmant » visant notamment les sympathisants de Nicolas Hulot.

Cette fois, il n’y a pas eu de surprise. Donné favori de ce second tour de la primaire d’EELV, Yannick Jadot a été élu hier candidat des écologistes pour l’élection présidentielle de 2017 par 54,25 % des voix, contre 40,75 % pour sa rivale Michèle Rivasi – le solde représentant les votes blancs, que le parti tenait à décompter officiellement dans le résultat du scrutin. Un scrutin qui a d’ailleurs vu une participation en hausse par rapport au premier tour, avec le vote de plus de 80 % des inscrits – soit presque 14.000 bulletins dépouillés. « Une primaire qui a su mobiliser le peuple de l’écologie » a estimé Michèle Rivasi, souriante, qui a « félicité Yannick Jadot pour ce super score » en l’assurant de son soutien : « Il faut maintenant travailler en équipe ».

Seul homme des quatre prétendants à l’investiture, le député européen a pu compter hier soir sur le rassemblement de sa famille politique. Arrivée en troisième position lors du premier tour, Cécile Duflot a fait, discrètement, au moment du discours du vainqueur, sa première apparition publique depuis sa défaite le 19 octobre. Elle n’a pas prononcé le moindre mot. En revanche, la dernière candidate, Karima Delli, a appelé à faire de l’écologie « la grande cause nationale pour l’élection de 2017 ».

Ce n’est pas le moindre des paradoxes que de voir le parti EELV ainsi choisir pour candidat l’un des initiateurs de la feu grande primaire de la gauche, qui s’est éteinte au printemps presque aussi vite qu’elle n’avait émergé en janvier. Maintes fois interrogé sur le sujet depuis l’annonce de sa candidature, et plusieurs fois relancé lundi soir, Yannick Jadot a réaffirmé clairement sa position : pas d’alliance avec le PS« ce serait aberrant d’envisager un quelconque accord ». Ni d’ailleurs avec Jean-Luc Mélenchon, dont il a souligné « les progrès en matière d’écologie » pour mieux critiquer ensuite « sa façon de penser la place de l’Etat, la place de la décentralisation et la place de l’Europe, qui ne permet pas d’alliances ».

Il en ira de même pour les législatives. « Il y aura 578 candidatures en 2017 : une pour l’élection présidentielle et 577 pour les législatives ». Avant de préciser toutefois que ces 577 candidats ne seraient pas tous estampillés EELV… Signe que la campagne a d’ores et déjà commencé, les premières nuances prêtent à interprétation. Et hors micro, un cadre du parti écologiste confiait son espoir de voir des candidatures communes avec le Parti de Gauche ou Ensemble ! se dessiner dans certaines circonscriptions : « ce n’est pas encore mûr, tout cela se décantera d’ici la fin de l’année 2016 ». Derrière l’harmonie de façade, la partition collective entre présidentielles et législatives reste donc encore à accorder au sein d’EELV.

« Je veux conquérir l’électorat du 10 + x de Nicolas Hulot »

En attendant, Yannick Jadot se dit « déterminé à ce que cette campagne ouvre une nouvelle page de l’écologie dans notre pays, (…) où jamais la tentation du repli n’a été aussi forte ». Il a pour cela orienté son tout premier discours sur l’emploi, insistant sur le vivier que représente la transition écologique de la société, « un thème fort de ma campagne ». Agé de 49 ans, l’ancien directeur de Greenpeace a plaidé pour « une écologie aimable, populaire et humaniste », inséré dans un « récit subversif, pragmatique et exaltant ».

Un programme dont il devrait avoir rapidement l’occasion de tester l’efficacité : avec seulement 270 élus EELV ou apparentés, le parti doit trouver 500 signatures d’élus pour que le candidat puisse se présenter officiellement à l’élection présidentielle. Ce chiffre de 270 au départ est inférieur à ce qu’il était pour la présidentielle de 2012, équivalent à celui de 2007 et supérieur à celui de 2002. « Depuis 1974, nous avons toujours eu les 500 signatures » rappelait David Cormand, secrétaire national d’EELV. Yannick Jadot a de son côté promis un « travail de dentelle sur les territoires pour en trouver rapidement 400 ».

Il lui faut rapidement créer une dynamique positive, face à un Jean-Luc Mélenchon lancé depuis juin dans la bataille. L’objectif du candidat écologiste ? : « Je veux conquérir l’électorat du 10 + x de Nicolas Hulot » a-t-il répété plusieurs fois. Une manière d’afficher son ambition : un score à deux chiffres. Une manière, surtout, de tendre la main vers le candidat tant espéré puis auto-déchu. « J’espère le soutien de Nicolas Hulot » a dit Yannick Jadot, tout en espérant « incarner un renouveau. »




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Lire aussi : Yannick Jadot : « Pour une France humaniste et fraternelle, ouverte sur le monde et se projetant sur l’Europe »

Source : Barnabé Binctin pour Reporterre

Photos : © Eric Coquelin/Reporterre

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