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En bref — Santé

Les candidates et candidats sont interpellés sur les pesticides

Pulvérisation de pesticides.

Comment protéger la biodiversité et les citoyens des produits chimiques dangereux ? Vingt-et-une ONG [1] travaillant sur les questions de santé environnementale aimeraient que les candidats à la présidentielle se saisissent du sujet. Pour ce faire, elles proposent « dix mesures fortes », dévoilées ce lundi 17 janvier. Ces associations travaillent sur la question des pesticides, des abeilles, des cancers chez les enfants, de l’infertilité, de la santé des femmes, pour la promotion de l’agriculture biologique, etc. Elles demandent prioritairement l’interdiction définitive du glyphosate, des pesticides SDHi et des néonicotinoïdes.

Selon elles, les PFAS (substances perfluoroalkylées), une famille de produits chimiques dangereux et persistants dans l’environnement, devraient aussi être interdits dans les emballages alimentaires et les biens de consommation courante. Le formaldéhyde, substance classée cancérogène avérée, devrait de même être banni des objets du quotidien. L’interdiction des OGM (organismes génétiquement modifiés) et nouveaux OGM, y compris importés, figure aussi au programme.

Par ailleurs, elles recommandent une « réelle stratégie de sortie des pesticides ». Soit un meilleur accompagnement de l’agriculture vers le bio, notamment grâce aux subventions européennes de la politique agricole commune (PAC). Les orientations du ministre de l’Agriculture Julien Denormandie ont été très critiquées par certaines de ces associations, comme permettant une poursuite du système actuel plutôt qu’un virage environnemental. Le plan Écophyto, qui vise une réduction de 50 % des pesticides d’ici 2025, mais se révèle peu efficace, serait révisé et les objectifs deviendraient « contraignants ».

L’évaluation de la dangerosité des pesticides est aussi à revoir, selon ces organisations. Avec deux propositions notamment. Mieux considérer les études scientifiques indépendantes, plutôt que seulement celles des industriels. Et tenir compte de l’effet cocktail, c’est-à-dire le fait que nous sommes en permanence exposés à plusieurs substances à la fois.

Enfin, des mesures à destination des consommateurs sont recommandées : « Un affichage environnemental de l’alimentation ambitieux ainsi qu’un pictogramme sur les objets du quotidien susceptibles de contenir des cancérigènes, des mutagènes ou des reprotoxiques et/ou des perturbateurs endocriniens. »

« La France a eu par le passé une position de leader sur ces questions », rappellent les organisations, qui citent l’interdiction du bisphénol A ou des néonicotinoïdes. Mais elles s’inquiètent d’un « recul sur ces sujets ». Par exemple sur les néonicotinoïdes : cela fait deux ans que les betteraviers bénéficient d’une dérogation et peuvent continuer à les utiliser. Elles appellent donc les candidats à une « politique de santé environnementale forte ».

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