À la ramasse écologique : les pires absurdités de 2023
L'année 2023 a encore brillé par l'usage et la promotion de la très polluante aviation, notamment privée, y compris par des responsables politiques. - Matti Blume / CC BY-SA 4.0 / Wikimedia Commons
L'année 2023 a encore brillé par l'usage et la promotion de la très polluante aviation, notamment privée, y compris par des responsables politiques. - Matti Blume / CC BY-SA 4.0 / Wikimedia Commons
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L’avion à fond, de la pêche dans les aires protégées et des JO pleins de plastique… Alors que s’accentue l’urgence climatique, Reporterre distingue ceux qui se sont fait remarquer pour leurs positions anti-écologiques.
Cette année, plusieurs personnalités — élus, patrons & Cie — se sont illustrées par leurs prises de position… surprenantes. À vouloir paraître vert sans trop en faire, plusieurs de nos dirigeants ont été pris en flagrant délit de comportement à rebours des enjeux environnementaux ! Petit tour d’horizon.
- Dans la catégorie « Tout plane pour moi » : le maire de Nevers
Pas assez de médecins à Nevers ? Aucun problème : Denis Thuriot (LREM), le maire de la ville, a lancé un pont aérien avec Dijon, distante de 180 kilomètres pour acheminer du personnel médical. Le coût du vol aller-retour, à la charge de l’hôpital, revient à environ 670 euros par passager.
- Dans la catégorie « Il n’y a pas de petits profits » : TotalÉnergies
La major pétrolière a annoncé début 2023 avoir réalisé 19,5 milliards d’euros de bénéfices en 2022, un record. Le tout en vendant plus d’hydrocarbures et en développant de nouveaux gisements à rebours des recommandations du GIEC.
- Dans la catégorie « Je vois pas où est le problème » : Hervé Berville, secrétaire d’État chargé de la mer
Malgré ses grands discours sur la protection des océans, le gouvernement a refusé d’interdire le chalutage de fond dans les aires marines protégées. « Je le dis très clairement […] La France et le gouvernement sont totalement opposés à la mise en œuvre de l’interdiction des engins de fond dans les aires marines protégées », a annoncé avec véhémence le secrétaire d’État chargé de la Mer, Hervé Berville, le mercredi 8 mars. L’ONG Bloom a porté plainte.
- Dans la catégorie « Les ennemis de mes amis sont mes amis » : le journaliste Hugo Clément
Hugo Clément a participé à un débat organisé par l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs actuelles. Le journaliste écolo s’est justifié en disant « qu’il ne faut pas parler qu’à des gens déjà convaincus et considérer les autres comme des ennemis ». Un acte qui symbolise une vision de l’écologie dépolitisée et vue comme transpartisane.
- Dans la catégorie « À un détail près… » : Clément Beaune, ministre des Transports
À écouter le gouvernement, il serait désormais interdit de faire un trajet en avion en France métropolitaine lorsqu’il existe une alternative en train qui dure moins de 2 h 30. « Une première mondiale », selon Clément Beaune. Problème : c’est faux. Non, les lignes aériennes intérieures ne sont toujours pas interdites, même quand il existe une courte alternative en train.
- Dans la catégorie « Pas vu pas pris » : Christophe Béchu
En à peine quatre mois, le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a pris onze fois un avion privé pour des vols en France. Et, ce, en toute discrétion. Une passion partagée par la Première ministre, Élisabeth Borne, qui s’est notamment rendue à Rennes en avion.
Et ce n’est pas le président de la République qui dira le contraire ! Emmanuel Macron a ainsi affirmé : « Je serais un drôle de président à vous dire qu’il faut réduire l’utilisation de l’avion alors que nous sommes un des champions de l’aéronautique. » Il a donc repris les promesses trompeuses de l’industrie aéronautique quant à l’avion vert. Car les technologies permettant de décarboner la filière n’existent pas encore.
- Dans la catégorie « Chose promise, chose tue » : les organisateurs des JO 2024
L’engagement de n’avoir aucun plastique à usage unique a finalement été abandonné. Des dérogations ont été demandées pour les athlètes, dans des Jeux où le distributeur exclusif de boissons sera Coca-Cola.
- Dans la catégorie « la COP est pleine » : Sultan Al Jaber
Le PDG de la principale compagnie pétrolière émiratie, également président de la COP de Dubaï, a profité de l’évènement pour vendre du pétrole. Il a aussi tenu des propos climatosceptiques.
- Dans la catégorie « J’aurais dû tourner sept fois ma langue dans ma bouche » : Emmanuel Macron
À défaut d’avancer sur le fond du problème écologique, le président de la République a soigné sa com’ verte. Sur YouTube, Emmanuel Macron a ainsi multiplié ses monologues écolos, défendant sa politique. Mais on retiendra surtout les ratés : « Qui aurait pu prédire la crise climatique ? » une sortie largement critiquée et détournée. Mais aussi quand il a assené que « la France, c’est 1 % des émissions mondiales ». Sentence, cinglante, du climatologue Jean Jouzel : « Emmanuel Macron ne cesse de semer la confusion. »