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Climat

À la ramasse écologique : les pires absurdités de 2023

L'année 2023 a encore brillé par l'usage et la promotion de la très polluante aviation, notamment privée, y compris par des responsables politiques.

L’avion à fond, de la pêche dans les aires protégées et des JO pleins de plastique… Alors que s’accentue l’urgence climatique, Reporterre distingue ceux qui se sont fait remarquer pour leurs positions anti-écologiques.

Cette année, plusieurs personnalités — élus, patrons & Cie — se sont illustrées par leurs prises de position… surprenantes. À vouloir paraître vert sans trop en faire, plusieurs de nos dirigeants ont été pris en flagrant délit de comportement à rebours des enjeux environnementaux ! Petit tour d’horizon.


  • Dans la catégorie « Tout plane pour moi » : le maire de Nevers

Pas assez de médecins à Nevers ? Aucun problème : Denis Thuriot (LREM), le maire de la ville, a lancé un pont aérien avec Dijon, distante de 180 kilomètres pour acheminer du personnel médical. Le coût du vol aller-retour, à la charge de l’hôpital, revient à environ 670 euros par passager.


  • Dans la catégorie « Il n’y a pas de petits profits » : TotalÉnergies

La major pétrolière a annoncé début 2023 avoir réalisé 19,5 milliards d’euros de bénéfices en 2022, un record. Le tout en vendant plus d’hydrocarbures et en développant de nouveaux gisements à rebours des recommandations du GIEC.

Après l’annonce de ses profits record, des militants d’Alternatiba Paris et des Amis de la Terre ont repeint en rouge une partie de la façade du siège social de la multinationale, à Paris. Alternatiba Paris via X (ex-twitter)
  • Dans la catégorie « Je vois pas où est le problème » : Hervé Berville, secrétaire d’État chargé de la mer

Malgré ses grands discours sur la protection des océans, le gouvernement a refusé d’interdire le chalutage de fond dans les aires marines protégées. « Je le dis très clairement […] La France et le gouvernement sont totalement opposés à la mise en œuvre de l’interdiction des engins de fond dans les aires marines protégées », a annoncé avec véhémence le secrétaire d’État chargé de la Mer, Hervé Berville, le mercredi 8 mars. L’ONG Bloom a porté plainte.


  • Dans la catégorie « Les ennemis de mes amis sont mes amis » : le journaliste Hugo Clément

Hugo Clément a participé à un débat organisé par l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs actuelles. Le journaliste écolo s’est justifié en disant « qu’il ne faut pas parler qu’à des gens déjà convaincus et considérer les autres comme des ennemis ». Un acte qui symbolise une vision de l’écologie dépolitisée et vue comme transpartisane.


  • Dans la catégorie « À un détail près… » : Clément Beaune, ministre des Transports

À écouter le gouvernement, il serait désormais interdit de faire un trajet en avion en France métropolitaine lorsqu’il existe une alternative en train qui dure moins de 2 h 30. « Une première mondiale », selon Clément Beaune. Problème : c’est faux. Non, les lignes aériennes intérieures ne sont toujours pas interdites, même quand il existe une courte alternative en train.

Courts vols intérieur toujours permis, des ministres en jet privé pour des mini-trajets... L’aviation, à l’inverse du climat, a vécu de beaux jours en 2023. Lasse Fusse / CC BY-SA 3.0 / Wikimedia Commons

  • Dans la catégorie « Pas vu pas pris » : Christophe Béchu

En à peine quatre mois, le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a pris onze fois un avion privé pour des vols en France. Et, ce, en toute discrétion. Une passion partagée par la Première ministre, Élisabeth Borne, qui s’est notamment rendue à Rennes en avion.

Et ce n’est pas le président de la République qui dira le contraire ! Emmanuel Macron a ainsi affirmé : « Je serais un drôle de président à vous dire qu’il faut réduire l’utilisation de l’avion alors que nous sommes un des champions de l’aéronautique. » Il a donc repris les promesses trompeuses de l’industrie aéronautique quant à l’avion vert. Car les technologies permettant de décarboner la filière n’existent pas encore.


  • Dans la catégorie « Chose promise, chose tue » : les organisateurs des JO 2024

L’engagement de n’avoir aucun plastique à usage unique a finalement été abandonné. Des dérogations ont été demandées pour les athlètes, dans des Jeux où le distributeur exclusif de boissons sera Coca-Cola.

Le président français Emmanuel Macron s’est attaché à se donner une image de dirigeant écolo, avant de lâcher des énormités telles que : «  Mais qui aurait pu prévoir la crise climatique  ?  »

  • Dans la catégorie « la COP est pleine » : Sultan Al Jaber

Le PDG de la principale compagnie pétrolière émiratie, également président de la COP de Dubaï, a profité de l’évènement pour vendre du pétrole. Il a aussi tenu des propos climatosceptiques.


  • Dans la catégorie « J’aurais dû tourner sept fois ma langue dans ma bouche » : Emmanuel Macron

À défaut d’avancer sur le fond du problème écologique, le président de la République a soigné sa com’ verte. Sur YouTube, Emmanuel Macron a ainsi multiplié ses monologues écolos, défendant sa politique. Mais on retiendra surtout les ratés : « Qui aurait pu prédire la crise climatique ? » une sortie largement critiquée et détournée. Mais aussi quand il a assené que « la France, c’est 1 % des émissions mondiales ». Sentence, cinglante, du climatologue Jean Jouzel : « Emmanuel Macron ne cesse de semer la confusion. »

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