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Législatives

Législatives et écologie : ce qu’il faut savoir avant le vote

Affiches électorales des candidats de la neuvième circonscription du département de l'Hérault, le 8 juin 2022, avant les législatives des 12 et 19 juin.

Score de la Nupes, bons et mauvais élèves en matière d’écologie, pouvoir des députés... Le point sur les principaux enjeux des législatives, ces 12 et 19 juin.

Vous avez certainement reçu dans votre boîte aux lettres la traditionnelle enveloppe flanquée d’un drapeau tricolore ; dedans, bulletins et professions de foi. Le premier tour des législatives se tient en effet dimanche 12 juin. 6 293 candidats s’affronteront dans 577 circonscriptions. Reporterre vous donne ici quelques clés pour comprendre ce scrutin.

1. Au fait, à quoi sert un député ?

Amendements, propositions de loi, commissions d’enquête... Les futurs députés disposeront de moyens d’agir en faveur de la transition écologique. Même si ces leviers sont (grandement) limités par le pouvoir du gouvernement. « Beaucoup de gens, y compris des députés sortants, disent que l’Assemblée nationale ne sert à rien, que c’est une simple chambre d’enregistrement, reconnaît Matthieu Orphelin, député sortant. Mais je ne suis pas d’accord. » De fait, plusieurs députés, notamment élus en 2017 sous l’étendard macroniste, ont finalement jeté l’éponge, déçus. Malgré tout, « on a réussi à mettre sur le devant de la scène des sujets d’écologie populaire : la bifurcation écologique, la nécessaire sobriété, la prise en compte de la règle verte..., dit le député de la Gironde Loïc Prud’homme (La France insoumise). On a réussi à faire sortir des sujets de l’Assemblée, à les faire passer dans le grand public. »

Lire aussi : Ce que les futurs députés pourront faire pour l’écologie

2. Quels sont les bons et mauvais élèves en matière d’écologie ?

Au cours de cette campagne, chaque parti a revendiqué sa fibre écolo. Réelle conviction ou beau discours ? Reporterre a voulu gratter ce vernis en s’intéressant au passif des différents partis. Car beaucoup disposaient déjà d’élus au sein de l’Assemblée nationale sortante. Ont-ils défendu, ou non, des politiques climatiques ambitieuses ? Résultat, « la majorité présidentielle n’a pas fait le boulot sur l’écologie », selon Clément Sénéchal, de Greenpeace. Sur la ratification du Ceta [1], la réautorisation des néonicotinoïdes ou l’interdiction des vols intérieurs, les députés macronistes et de droite se sont illustrés par leur position conservatrice.

D’après l’association Agir pour l’environnement — qui a classé les députés sortants en fonction de leurs votes ces cinq dernières années — Amélie de Montchalin, actuelle ministre de la Transition écologique, a même été une des pires députées pour l’environnement. Plusieurs ONG écologistes ont également publié des décryptages des programmes des candidats pour les législatives. Sans surprise, l’alliance de gauche Nupes récolte les meilleurs scores.

Lire aussi : Avions, poules en cage, pesticides... ce qu’ont voté les députés sous Macron

3. Le gros enjeu du scrutin : le score de l’alliance de gauche, la Nupes

Après de longues négociations, Insoumis, Communistes, Verts et Socialistes ont conclu un accord, avec une ambition, emporter la majorité à l’Assemblée nationale et imposer un gouvernement de gauche. « Un moment historique », rappelle Hervé Kempf dans un édito. Outre des candidats uniques dans chaque circonscription, la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) s’est structurée autour d’un programme commun. Une alliance inédite qui a marqué la campagne par son dynamisme. Les thématiques écolos et sociales — conditions de travail, partage de l’eau — ont été, une fois n’est pas coutume, au centre du débat public.

Parmi les candidats de la Nouvelle union populaire, de nombreux novices en politique, notamment venus des luttes écologistes et sociales. Ancien de Youth for Climate, Noé Gauchard, affrontera ainsi la Première ministre, Mme Borne, dans le Calvados. Las, plusieurs militants issus des quartiers populaires ont fait les frais de l’union de la gauche, et n’ont pas été investis aux législatives.

Lire aussi : « À l’Assemblée, les députés novices sont de la chair à canon »

4. Principal parti en lice : celui de l’abstention

Comme en 2017, l’abstention risque d’être la grande gagnante de ces élections. Elle avait atteint 57,36 % au second tour, un record pour ce scrutin sous la Ve République. Ce dimanche, 2 jeunes sur 3 pourraient ne pas aller voter. Pour tenter de les mobiliser, plusieurs associations ont multiplié les actions festives. Pour Teïssir Ghrab, chargée de campagne pour l’ONG Le mouvement et membre d’Alternatiba, « rien n’a été fait du côté du gouvernement pour pousser les jeunes à voter. Je trouve ça dingue que ça soit aux associations de prendre cette charge ».

Lire aussi : « Pour les jeunes, la politique ne passe pas que par le vote »


Quel sera le score de la Nupes ? Quel niveau de participation atteindra-t-on ? Que deviendront les candidats issus de la société civile ? Reporterre vous donne rendez-vous le 12 juin au matin pour un décryptage du vote. Rappelons que, pour pouvoir se maintenir au second tour des législatives, un prétendant député doit rassembler au moins 12,5 % des électeurs inscrits dans sa circonscription. D’où de possibles triangulaires, voire quadrangulaires dans certains territoires.

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