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Guide pratique

Le guide ultime pour un Noël écolo et réussi

Fêter un Noël écolo, c’est possible ! Du sapin aux cadeaux à faire soi-même en passant par un repas végétarien, voici le guide pour moins consommer pendant les fêtes.

La magie de Noël peut tourner au mauvais sort pour la planète. Du sapin plein de pesticides au repas viandard en passant par les cadeaux en plastique, le 25 décembre se hisse aisément en haut du podium des réjouissances écocides. Faites sonner les clochettes ! Mais pourrait-on faire autrement ?

Depuis plusieurs années, Reporterre s’attache à esquisser les contours d’une fête écologique, pleine de petits plaisirs et de surprises. Voici donc notre guide pour vivre joyeusement cette fin d’année, avec écologie et sérénité !

Côté déco, ça sent le sapin

L’épineux constat :

« Derrière l’image d’Épinal du sapin qui pousserait naturellement en forêt se cache en fait une monoculture intensive », rappelait l’an dernier l’association Agir pour l’environnement. Avec un chiffre massue à l’appui : 85 % de ces conifères sont contaminés aux pesticides. La culture intensive de l’arbre de Noël a ainsi dévasté certaines zones du Morvan, mais remplace aussi désormais les paysans dans certains coins de Bretagne. Bref, y’a comme une épine dans le pied de Santa Claus.

Quelques pistes vertes :

On peut bien sûr renoncer au traditionnel pin, et opter pour des versions « do it yourself » (à faire soi-même). Si vous n’imaginez pas passer décembre sans la douce odeur d’un épicéa, le mieux reste encore de le choisir bio ; les autres labels n’ayant pas fait preuve d’une totale efficacité écologique.

Les sapins sont bourrés de pesticides, l’idéal est de le prendre bio ou mieux, de le faire soi-même  ! Unsplash/CC/Alisa Anton

Oubliez en revanche le sapin artificiel, sauf si vous le conservez précieusement pendant au moins vingt ans. On peut aussi trouver des arbres en carton, tissu, bois certifié. Dernière option, chaussez vos plus belles bottes fourrées, direction les bois : feuilles mortes, pommes de pin, houx décoreront votre logis bien plus joliment qu’un vulgaire résineux couvert de boules en plastique !

Plaisir d’offrir, risque de nuire

Le constat qui n’emballe pas :

Offrir ou ne rien offrir : difficile pour les écolos d’échapper au dilemme. Peu d’entre nous imaginent encore un Noël sans aucun cadeau. Et pour cause : ces derniers représentent bien plus que des échanges de biens. « On les appelle “dons” en anthropologie. Ils matérialisent les relations sociales », expliquait à Reporterre la chercheuse Sophie Chevalier.

Offrir, d’accord, mais si le cadeau se révélait empoisonné ? Chaque année en France, 100 339 tonnes de jouets sont jetées, après une durée moyenne d’utilisation de huit mois. Las, l’immense majorité finit dans un incinérateur, comme nous l’indiquait Xavier Lesage, chargé de communication de l’association Rejoué : « Il y a beaucoup de plastiques différents, donc très difficilement recyclables, et il existe pour le moment très peu d’organismes de réemploi. »

Quelques pistes vertes :

Pour ne pas culpabiliser à l’ouverture des paquets, vous pouvez opter pour le jouet made in France et écoresponsable, en suivant certains labels, mais pas n’importe lesquels. Si vous préférez l’occasion, attention à ne pas choisir de joujoux trop anciens, certains pouvant contenir des substances désormais interdites. Il est aussi possible de fabriquer ses cadeaux soi-même, entre amis ou en famille… à condition d’avoir le temps !

Les objets d’occasion peuvent être un bonne option pour les cadeaux. Pexels/CC/cottonbro studio

Celles et ceux qui veulent faire d’une pierre deux coups pourront également profiter d’un bon rangement pour dénicher des perles rares. En fouillant dans la boîte à bijoux, la commode, les placards, le coffre à jouets des enfants, en scrutant bien les objets de déco qui émaillent le salon, il y a sûrement une ou plusieurs choses que vous offrirez avec joie. Et c’est un cadeau gagnant-gagnant : pour celui qui vide sa maison et pour celui qui reçoit.

Pour les plus pressées, les livres peuvent être de bonnes options, surtout s’ils sont faits de manière écolo et qu’ils aident à gagner en autonomie. Nous vous avons par exemple concocté quelques conseils pour élire le guide de jardinage ou le manuel de cuisine idéal. Et pour s’informer des grands thèmes de l’écologie, un livre de la collection Reporterre-Seuil serait une bonne idée. Bien sûr, achetez les livres chez un libraire et pas sur une plateforme type Amazon. Autre piste sans plastique, le cadeau immatériel : un abonnement, un spectacle, une saison au théâtre local, dix entrées au musée... Et tiens, pour vos proches qui ne connaissent pas Reporterre, un abonnement gratuit à nos lettres d’information !

Sous le pavé (de saumon), la rage

Le constat indigeste :

Entre le saumon fumé en provenance d’élevages utrapolluants, les crevettes de Madagascar, le gibier farci au plomb ou le chocolat qui déforeste, il y a de quoi perdre l’appétit. Sans oublier que notre régime viandard dope la crise climatique, et que notre goût pour les poissons vide les océans de leur vie.

Quelques pistes vertes :

Déjà, on peut se rappeler que le repas du réveillon a évolué au fil des siècles, au gré de nos habitudes alimentaires. Mettons donc notre imagination aux fourneaux ! Par exemple en cuisinant de délicieux plats végétariens.

Plutôt que du foie gras en entrée, pourquoi ne pas opter pour un velouté de champignons  ? Unsplash/CC/Micheile Henderson

Pour celles et ceux qui salivent devant les mets de la mer, quelques conseils : éviter le saumon fumé, privilégier les huîtres diploïdes (non ce n’est pas une sous-marque Lego) et optez pour le circuit court. Quant aux accros au foie gras, prudence : la version éthique — garantie sans souffrance animale — de ce produit n’existe pas encore.

Pour que Noël ne vire pas au jour le plus long

Le constat barbant (ou barbu) :

Le réveillon implique la plupart du temps un moment de retrouvailles en famille. Sauf qu’on choisit rarement ses parents ! On peut donc se retrouver vite coincé entre le cousin anti-Greta Thunberg et la tante climatosceptique. L’épreuve peut être particulièrement douloureuse pour les personnes véganes.

Quelques pistes vertes :

Si vous avez un tempérament de battant, aiguisez vos arguments en même temps que votre couteau (à bûche). Et ne partez pas au réveillon sans notre « guide de survie » ! Si vous êtes rusé comme le renard des neiges, esquivez les sujets qui fâchent : par exemple, en racontant les origines de Noël, qui doit beaucoup au lien oublié de nos sociétés avec la nature.

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